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    Mardi, nous avions enfin le droit de faire librement 8 km pour notre plaisir, sans avoir à nous justifier...

    Plaisir, oui et non. Oui, car nous sommes allés jardiner.

                              Non, car que d'herbe ! Que d'herbe !

    Et depuis, que de douleurs ! Vous imaginez, un jardin abandonné depuis sept mois. Après un hiver relativement doux, et un printemps précoce, arrosé juste comme il faut pour que tout pousse frénétiquement.

    Pas le temps de faire de belles photos, mais j'ai tout de même quelques souvenirs :

     

    Permission de sortie

     

    L'Ours s'est frayé un chemin pour aller au fond du jardin.

     

     

    Permission de sortie

     

    Il a respecté un tapis de bugle rampante pour les insectes butineurs. Regardez, au premier plan les pissenlits défleuris et imaginez que tout le jardin est ainsi, plein plein plein de graines qui vont germer... Il y a également une rose trémière, poussée ici, juste pour prouver qu'elles ne s'installent que où elles veulent.

     

     

     

    Permission de sortie

     

    Les pavots se préparent, ainsi que les lupins. Les ancolies ont tout juste commencé.

     

     

    Permission de sortie

     

    Mon viburnum "Boule de neige" qui fait habituellement quelques bouquets, est très chargé cette année.

     

     

    Permission de sortie

     

    Le muguet est toujours en boutons.

     

     

    Permission de sortie

     

    Le petit érable planté trop près d'un escalier, et les centaurées poussées spontanément font tout pour empêcher le passage de l'Ours et le faire grogner.

     

     

    Permission de sortie

     

    Dans le nouveau carré des iris, le compost est trop bon et les herbes sont des géantes. Celle-ci m'intrigue, je ne la connais pas.

     

    Permission de sortie

     

    En regardant de plus près, je vois comme un bouton de pavot : quel drôle de croisement mon jardin a-t-il encore fabriqué ? Réponse dans quelque temps.

     

     

    Permission de sortie

     

    Dans mon panier, j'ai ramené ma récolte d'ail des ours. j'en avais planté en deux endroits, mais il y a un coin plus favorable.

     

     

    Permission de sortie

     

    J'ai également cueilli de mes beaux lilas pour donner à mes voisines.

     

     

    L'Ours a cherché jusqu'où nos roues pouvaient nous mener :

     

    Permission de sortie

                                                                 clic pour mieux voir

     

    Carte trouvée sur géoportail. (faire : "outils-mesurer-calculer-isochrone-isodistance) Le gouvernement nous conseille de chercher ainsi les 100km à vol d'oiseau. Je ne comprends pas bien, car la partie bleue ne couvre que les endroits où il y a des routes. Je pensais trouver un grand cercle autour de chez moi. On dirait un chapeau tout dentelé au nord de nos vallées, et cela ne va pas jusqu'à la frontière. Pourtant, je crois que la montagne est de nouveau autorisée.

     

     

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    C'est LA grande question.

    Qu'est-ce qui nous a manqué le plus ?

    Qu'est-ce qui nous fera le plus envie ?

    Allons-nous penser certaines choses différemment ?

    Les autres, que répondraient-ils aux mêmes questions ?

    Les gouvernants, que vont-ils garder de cette expérience ?

     

    Pour ma part, j'aimerais

    - une grande réunion de famille dans la région voisine : mais trop de monde, trop de distance (300km).

    - une balade au Pays Basque dans le département voisin, mais trop loin (200km)

    - faire un tour en Aveyron, et voir enfin le pont de Millau, dans la même région que nous, mais trop loin (400km)

    - aller au restaurant avec l'Ours, mais on ignore quand on aura le droit

    - aller passer quelques jours dans notre grand jardin pour lui redonner un air civilisé, mais c'est juste le moment où le temps se met à la pluie.

     

    Et après ?

     

    Il y a trois jours, le ciel était étrange. Ensuite, il est devenu gris foncé, très épais, et l'eau qui devait en dégringoler allait bloquer l'herbe dans la tondeuse.

     

    La sortie du déconfinement m'angoisse. Peur du virus ? pas vraiment . Il suffit que CHACUN soit raisonnable, sorte peu, et utilise masque et désinfectant. Dès le premier jour, même dans ma montagne, j'ai vu que les gens n'avaient pas conscience du danger. 

     

    Et après ?

     

    Je pense que la deuxième vague du virus ne va pas tarder, car les français ont commencé à se moquer des contraintes voilà déjà plusieurs jours.

    Mais j'ai surtout peur que tout reparte comme avant, que le monde soit toujours aussi fou. Que le capitalisme se déchaîne encore plus pour rattraper le temps perdu.

    Je crains que RIEN ne LEUR serve de leçon. Pourtant, des tas de "sachants" ont expliqué que ce genre d'épidémie était dû à notre civilisation.

    Pour aujourd'hui, je vais faire l'autruche, ou plutôt la jardinière : le soleil est revenu, et le jardin nous appelle. Au boulot !

     

     

     

     

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    Dès la mi-mars, j'ai perdu tout repère temporel. C'était presque encore l'hiver, on a respecté le confinement, et on se retrouve presque en été sans avoir vu le printemps.

    Pareil avec les jours de la semaine.

    Je calcule pour faire des masques et les envoyer les lundi, mercredi ou vendredi (jours d'ouverture de la poste en ce moment), et voilà qu'aujourd'hui c'est férié. Mon esprit n'arrive plus à suivre.

    Il y a deux jours, nous avons trouvé ça sur la table du balcon :

     

    Sans repères

     

     

    La Mairie avait recensé ses habitants, et quelqu'un nous a posé discrètement deux masques. Je connaissais ce modèle dessiné par JMB, de l'entreprise Nervures qui fabrique des voiles de parapente à quelques kilomètres de chez nous.

    Nervures a collaboré avec la Carde qui est une filature de laine à quelques mètres de chez nous. Depuis un mois les machines à coudre des deux entreprises font des masques. La mairie a décidé d'acheter à la Carde des masques pour tous les habitants.

    Ayant les objets en main, je les ai examinés et essayés, et voilà comment je me suis lancée dans un troisième modèle de masques.

    Le site explique tout très bien, et je pense que personne ne m'en voudra de tout vous montrer :

     

    Sans repères

     

    Deux ou trois couches empilées et assemblées par les côtés.

     

    On pose tout ça sur le même modèle un peu plus grand sur les côtés (voir sur Nervures, c'est plus clair, en bleu et blanc). On assemble par le haut et le bas. On retourne, on aplatit les coutures au fer, on fait un point au niveau de la pointe.

     

    Sans repères

     

     

    Il n'y a plus qu'à replier les côtés en y insérant un ruban. Nervures dit de bloquer le ruban à un bout, de piquer la longueur, de froncer à fond, et de bloquer l'autre bout. J'ai préféré ne bloquer que le haut du masque : ainsi, chacun l'adapte à son visage, et il me semble plus facile de laver et sécher un truc plat plutôt que tout froncé.

     

     

    Sans repères

     

     

     Je ne suis pas allée chercher du tissu de drap pour rien l'autre jour.

    Je trouve ce modère plus facile à coudre. Il y a moins de grosses épaisseurs, on n'a pas besoin de biais. Pas besoin de technique, tout est simple. L'Ours a critiqué mon lien. Il est marrant, lui. Un mois et demi que les quelques magasins ouverts (loin de chez nous) n'ont plus ni élastique, ni fournitures, et il voudrait que j'aie de tout. Il aurait pu, au contraire, apprécier que j'aie encore de ce ruban sergé écru.

    Et maintenant, je n'ai plus qu'à attendre lundi : la poste sera ouverte tous les jours la semaine prochaine. Nos enfants et petits-enfants pourront se protéger pour sortir.

    Continuons à nous confiner, et pensons à tous les gestes raisonnables que nous pourrons faire, et à tous les gestes déraisonnables que nous devrons éviter.

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    Il y a trois jours, j'ai encore un peu enfreint la loi pour aller chercher de vieux draps dans ma grande maison. En effet les masques à dessins, c'est bien joli, mais je crois que certains préfèreront de l'uni.

    Pour accéder à la maison, on est obligé de passer par le jardin : stupéfaction ! Là-haut aussi ça pousse. Ça pousse tellement que je me demande comment on viendra à bout de toute cette herbe.

     

    Jardin pas confiné

     

    Un champ de pissenlits, mais là vous ne voyez pas la hauteur.

     

    Jardin pas confiné

     

    Vous comprenez mieux ? ce pied est très gros, mais hélas il est loin d'être le seul de ce calibre.

     

     

    Jardin pas confiné

     

    Il y a des fleurs, mais l'impression que j'ai eue, c'était que mon jardin était comme ce montage : quelques fleurs perdues dans un océan vert-herbe.

     

     

    Jardin pas confiné

     

    Les fleurettes bleues d'une cousine du myosotis ; l'anchuse, ou buglosse, peut-être.

     

    Jardin pas confiné

     

    Des jacinthes sauvages arrivées mystérieusement en plusieurs endroits.

     

     

    Jardin pas confiné

     

    Des monnaies du pape, par-ci, par-là.

     

     

    Jardin pas confiné

     

    Le beau lilas pourpre, dont je n'ai même pas pensé à ramener un bouquet.

     

     

     

    Jardin pas confiné

     

    La glycine s’annonce belle.

     

     

     

    Jardin pas confiné

     

    Les pivoines, clématites et cognassiers qui attendront juste le temps qu'il faut pour que je les voie.

     

    Quant à mes plus belles fleurs, de juin en général, elles ne sont pas encore prêtes. Ouf ! Je ne serai pas trop frustrée par ce confinement. Je profiterai de mes iris, ancolies, lupins et pavots.

     

    Le muguet, fait très rare, commence à fleurir. J'ai pu en arracher quelques brins pour mon balcon :

     

    Jardin pas confiné

     

    Je le partage avec vous, en espérant que cette fichue crise sanitaire se calme enfin.

    Mais la colère se calmera-t-elle ? L'histoire des masques, même un mauvais écrivain n'aurait pas osé... Ma petite-fille, infirmière en Guadeloupe, m'avait demandé, tout au début, de lui en fabriquer. Et hier, une dame martiniquaise disait en avoir fait pour sa fille qui est sur la Côte d'Azur. Pendant ce temps, la grande distribution annonce qu'elle en a des quantités, se prétendant la sauveuse.

    Une boîte achetée en janvier 2020. Cherchez l'erreur :

     

    Jardin pas confiné

     

    Quand peu de gens les utilisaient, ils n'étaient pas chers...

     

    C'est épuisant d'entendre dire tout et son contraire depuis des semaines. Tout récemment, notre copine Sibeth, invitée de France Inter, n'a pas pu s'empêcher de gaffer encore une fois : dès la première phrase, elle a annoncé que le confinement serait progressif...

    Il semble que nous pourrons bientôt revenir dans la nature : super. Car autant j'ai peur de rencontrer des humains (porteurs potentiels de virus, ou gendarmes tatillons), autant je me réjouirai de voir les fleurs sauvages, les oiseaux et les papillons, en écoutant le gargouillis des ruisseaux.

     

    Bonne continuation de confinement, et continuez à bien vous protéger, et à savourer la sécurité de vos logis.

     

     

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    Encore des mots anglais

     

     

    Comme beaucoup de françaises, je suis dans la fabrication de masques. J'ai des filles et petites-filles qui ont envie de rester coquettes malgré tout. Ça donne des échanges de SMS du genre :

    - t'as pas des tissus old school ? (petite-fille)

    - ??? (moi)

    - vintage ( fille, tante de la première)

    - je ne sais pas trop (stocks de tissus partagés entre maison et appart)

    - t'as pas un peu plus girly ? (autre petite-fille)

    Girly, je comprends à peu près, mais je n'ai pas ça ici.

     

    Encore des mots anglais

    Est-ce girly ? Est-ce old school ?

     

    N'étant pas certaine du sens de "old school", j'ai cherché sur le net. Et je suis tombée sur ça ! ! ! Pas vraiment satisfaite, j'ai cliqué sur tattoo old school : là, en images, je vois mieux.

    Mais je me demande : suis-je la seule septuagénaire aussi larguée ? Je ne me croyais pas ringarde au point de ne plus rien saisir de banales conversations.

     

    En ce moment, nous écoutons beaucoup la TV et la radio.

    Et je fulmine toujours autant, quand je ne comprends rien. On dirait les phrases "à trous" que l'on propose aux petits pour leur apprendre le français. Sauf que là, il s'agit de comprendre des mots anglais, qui sont souvent nouveaux, même pour les anglais.

    Un jour, c'est le ministre de la santé O. VERAN qui parle de sourcing accru.

    Une autre fois, j'entendais parler du Caire, mais je n'arrivais pas à suivre car il n'était pas question d'une ville égyptienne. En fait, c'était le care. J'ai cherché une définition de ce mot devenu indispensable et paraît-il irremplaçable dans notre langue. Je me souviens d'avoir appris, en cours d'anglais, que care signifiait soin en français.

    Dans le premier article que j'ai lu pour être certaine de bien comprendre, il y avait background et think tank que j'avais oubliés dans ma liste.

    Je me demandais aussi pourquoi on parle sans cesse de start-up. J'ai donc cherché l'origine de ce mot anglais. Cela m'a menée vers les business angels et le crowdequity. Je me suis dit qu'on avait presque tous intégré le crowdfunding, que nous traduisons par financement participatif  (et les québécois par sociofinancement).

    Les entreprises nouvelles (start up)ont toujours existé, elles ont toujours eu besoin d'argent et elles ont toujours eu pour but d'en gagner. Jusqu'à récemment elles n'avaient pas besoin de noms anglais.

    Pour le permis de conduire, il a parfois été envisagé des séances de "remise à niveau" pour les vieux conducteurs : il est vrai que nous avons vu arriver les ronds-points avec priorité à gauche, les limitations de vitesse sur les routes et autoroutes, la disparition de l'utilité du feu orange, et peut-être d'autres choses.

    Je me suis donc demandé si il ne faudrait pas  :

    - soit obliger les sachants (c'est pas anglais, mais c'est nouveau et ça me hérisse le poil) à parler français

    - soit offrir des formations au nouveau vocabulaire aux citoyens-moyens pour qu'ils arrivent à suivre les infos et les débats.

    Je me posais déjà, ici, des questions pour tous ces mots qui envahissent notre langue.

    Allons, courage : je crois qu'on peut lutter contre ces mots envahissants. Il faut commencer par faire le ménage chez nous...  Beaucoup d'entre nous en utilisons beaucoup trop, sans que l'on nous y oblige *(week-end, parking, PC pour personal computer alors que nous avons ordinateur, manager, squatter, best-seller, top, coach, etc...).

     

    Cette guerre-là sera peut-être perdue, mais il faut gagner celle contre le (ou la ?) Covid19. Soyons sages, restons chez nous, et redoublons d'attention après le 11 mai, quand certains se croiront tout permis.

     

    Bonne journée à tous.

     

    * je me suis embarquée dans une phrase avec  beaucoup et nous comme sujet : quel verbe utiliser ? Et nous et on, ce que j'évite en général. Aujourd'hui, je parlais vocabulaire, pas grammaire.

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