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    En quittant Reims pour enfin arriver dans l'Aine, nous avons fait un petit crochet par la forêt de Verzy. Ce n'est pas un jardin, mais elle recèle des curiosités, et comme il y avait longtemps que je n'avais pas vu de plantes...

     

    Un fau

     

     

    Cette forêt est peuplée surtout de hêtres, mais aussi d'autres essences. A priori, rien de bien extraordinaire pour moi, car j'ai la même au bout de mon jardin.

    Sauf que la mienne est en pente, et que celle de Verzy est en terrain plat, avec quelques mini-collines :

     

    Un fau

     

    Un fau

     

    Un fau

     

     

    Les forts en orthographe s'étonneront peut-être de mon titre. On connait la faute, la faux pour faucher, les faux amis, mais on ignore (tout comme moi il y a peu) que le substantif FAU existe.

    Qu'est-ce qu'un fau ? Voilà l'explication des mini-collines :

     

    Un fau

     

    Il s'agit de hêtres "tortillards", les fameux "faux de Verzy".

     

    Un fau

     

    On peut se glisser sous certains d'entre eux, ça fait comme des tonnelles.

     

    Un fau

     

    Les plus vieux, près du chemin, sont protégés par des barrières.

     

    Si vous cliquez sur les images, elles s'agrandiront un peu, et vous arriverez peut-être à lire les explications.

    Vous saurez que, en gros, on ne sait pas trop pourquoi ce phénomène se produit. J'ai trouvé une discussion savante sur Tela botanica, bof ! c'est pas très clair.

     

    Un fau

     

    Un fau

     

    Le mot fau au singulier, venant du latin fagus, est validé par le Jardin des plantes de Paris.

    Il tombait un léger crachin (presque deux semaines entières de beau temps pour notre voyage), et cela donnait à la forêt une ambiance particulière. Avec ces arbres tordus si mystérieux en plus, c'était un moment surprenant.

     

     

     

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    Vous avez suivi notre itinéraire ? Petit à petit, nous montons vers les Hauts de France.

    Mais pas trop vite. Comment résister à la tentation de visiter la "Roseraie de Provins" ? Impossible de passer aussi près sans s'arrêter, pour finir en beauté notre tournée des jardins.

     

    De Provins à Reims

     

    De Provins à Reims

     

    De Provins à Reims

     

    De Provins à Reims

     

    Certaines d'entre elles, les couleur brique en particulier, avaient tout à fait l'air d'être en velours.

     

    Cette roseraie est un magnifique jardin, avec des allées, des passages détournés, des statues, tout ce qui rend une promenade agréable :

     

    De Provins à Reims

     

     

    De Provins à Reims

     

    Et pour finir, une boutique où l'on voudrait tout acheter. Je voulais tout bêtement un "rosier de Provins" Rosa gallica officinalis : rupture de stock ! J'avais été inspirée d'en acheter un à Milly-la-Forêt, mais il est tout petit petit, j'aurais aimé en avoir un plus grand, acheté sur place...

     

    Provins est une très jolie petite ville charmante, pleine de vieux bâtiments, mais nous n'avions pas le temps de tout regarder en détail. On a quand même mis une semaine pour faire le trajet Hautes-Pyrénées/Aisne. Via Michelin dit qu'il y a entre 1037 et 1058km, et qu'il faut aux environs de 11 heures.

     

    Après cette jolie balade, nous avons continué la route pour Reims. Eh bien, en passant par Châlons-en-Champagne et Épernay, nous avons trouvé le paysage décevant. Des champs de betterave, des tas de betteraves, des tas de marne (sortes de cailloux blancs posés au coin des champs), et tout de même des vignes, mais seulement sur les coteaux. Pas de photos, car l'Ours n'avait plus envie de flâner. Direction Reims, directement, où nous sommes arrivés vers 20h :

     

    De Provins à Reims

     

    En passant du côté de Châlons, j'avais remarqué le lycée Jean-Talon. Ce nom, que j'ai reconnu, m'a fait penser au marché Jean-Talon de Montréal. Il y a bientôt 10 ans, j'y avais traîné l'Ours  car la librairie vendait des livres sur les plantes sauvages.

    Mais qui était ce Jean Talon né en 1626 et décédé en 1694 ? Un enfant de Châlons devenu le premier intendant de la Nouvelle-France, qui vécut plus de cinq ans outre-Atlantique.

    Un petit commentaire : depuis 1995, Châlons-sur-Marne est devenu Châlons-en-Champagne. Les avis étaient (et restent) partagés. Le résultat ? le balisage routier est assez, comment dire, fantaisiste ? Un coup l'un, un coup l'autre. On dirait que les DDT font tout pour égarer les touristes (ou bien c'est pour les inciter à s'équiper de GPS). Je connaissais ce changement de nom, et j'ai bien joué mon rôle de navigatrice, mais l'Ours avait du mal à s'y retrouver.

     

    Cet article était bien avancé quand, ce soir sur France3, nous avons regardé un épisode du commissaire Magellan : et ça se passe dans des roseraies, juste pour raviver mes souvenirs.

     

     

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    Depuis 18 ans, je suis passionnée par tout ce qui se fait dans les jardins et autour d'eux.

    Je mourais donc d'envie de voir ce grand et célèbre "Festival des jardins" de Chaumont sur Loire. J'avais inscrit cette visite dans mon programme de voyage.

    Nous sommes partis de chez nous le lundi 24 septembre et avons roulé jusqu'à Loches qui se trouve en pleine région de châteaux et de jardins.

    Le mardi, nous nous sommes rendus sans attendre à Chaumont.

    Le festival se déroule dans le parc du château :

     

    Festival des jardins

    Beau château dans un immense parc.

     

    Ce festival est une sorte de concours où des créateurs du monde entier peuvent participer, individuellement ou en groupe.

    Chaque participant dispose d'un enclos indépendant d'à peu près 250 m2, entouré de haies, ce qui fait que d'un jardin on ne voit pas celui d'à côté.

     Festival des jardins

     

     Chaque jardin est précédé d'un panneau explicatif. Je n'ai pas tout lu, ni tout compris, car c'était un peu trop "cérébral". J'aurais dû m'en douter au vu de l'affiche.

     

    Voici quelques vues de divers jardins :

     

    Festival des jardins

    Étranges ces gros cristaux bleus.

     

     

    Festival des jardins

    Un de mes préférés, où j'aurais aimé m'installer. Quelques pelotes attendaient les visiteurs, et chacun devait prendre un fil et le nouer à la barrière centrale.

     

    Festival des jardins

    Une des nombreuses pièces d'eau.

     

    Festival des jardins

    Attrape-rêve ?

     

    Festival des jardins

    Valises, bois et miroirs.

     

    Festival des jardins

    Celui-là m'a fait réfléchir, au propre comme au figuré. Les grands miroirs multipliaient l'espace, et le jardin continuait de l'autre côté.

     

    Festival des jardins

    Joli petit arbre. J'ai apprécié le côté technique qui a empêché l'arbre de se noyer.

     

    Dans un festival des jardins, je croyais me pâmer devant des plantes extraordinaires. J'avais beau me douter de ce dont il s'agissait, je suis restée un peu sur ma faim de ce côté-là. Il vaut mieux aller dans les fêtes des plantes ou chez Marithé ou Geneviève pour voir des végétaux originaux.

    Le festival de Chaumont, c'est bien pour trouver des idées pour notre propre jardin, mais c'est plutôt d'architecture qu'il s'agit, pas de jardinage.

     

    Festival des jardins

    Ça, c'est la seule plante qui m'a vraiment étonnée, et que je n'avais jamais vue (yucca rostrata hardy ?). Mais elle fait partie du parc, pas du festival.

     

    Après avoir longuement marché dans le festival, nous sommes partis faire un grand tour dans le parc. Parc très beau, très fleuri, qui abrite de grands arbres et des œuvres permanentes.

     

    Festival des jardins

    Une brume se déclenche par moments.

     

    Festival des jardins

    On dirait que les troncs de cette spirale sont happés par un entonnoir invisible.

     

    Festival des jardins

    Sans commentaire

     

    Festival des jardins

    Extrémités des troncs ornées de plaques offset, de capsules, etc...

    Bon, vous avez compris que je ne suis pas très sensible à ce genre d'art. Il y a beaucoup d'autres installations dans le parc, mais elles me laissent plus perplexe qu'admirative.

    Quand je pense que les élus de mon village avaient suggéré qu'ils pourraient faire un festival des jardins ! Pas au village, non, plus haut à 1500m ! Et qu'ils n'ont rien fait pour aider le superbe jardin botanique (de plantes des montagnes du monde) à survivre !

    Un festival des jardins, c'est un énorme travail en amont, cela doit demander des semaines (des mois ?) de préparation, et la période d'ouverture dure plus de six mois. Impensable dans ma montagne.

     

     Regardez le site de Chaumont, vous y trouverez plus de photos et d'explications sur tout ce qui s'y passe.

     

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    Si je vous ai déjà  montré des pierres et des fleurs jaunes, il faut que je vous dise que j'ai été épatée par toute la flore qui se trouve là-bas. Je croyais cette région plutôt désertique. Je me trompais. Il est vrai que c'est très sec en été, cela n'empêche pas que la nature est riche de merveilles, surtout pour moi qui suis amoureuse des plantes sauvages.

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Cette plante-là nous a donné du fil à retordre pour l'identifier. À San Úrbez, il y avait un livre sur les plantes, j'avais cru la reconnaître, mais je fus interrompue dans ma lecture, et j'ai oublié. Elle avait pourtant un air de famille avec quelqu'une que je connaissais.

    Mon gros plan est raté, il faut ne faut pas regarder la fleur centrale trop trouble. Cela doit être la santoline petit cyprès (helichrysum), de la famille de l'immortelle de dune que l'on voit sur la côte océane en Gironde.

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Une autre fleur jaune, de la famille du salsifis dont elle a l'allure et la boule de plumets quand elle sèche.

     

    Aragon (suite et fin)

     

     

    Et maintenant, une série de trois sortes de fleurettes bleues en haut de longues tiges. En premier les catananches. J'en ai un gros pied dans mon jardin, et il résiste bien, ce qui est surprenant, car cette plante préfère les terrains secs.

     C'était la première fois que j'en voyais dans la nature :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Cette photo ne montrant pas vraiment la fleur, je rajoute une vue de mon jardin (en août d'une autre année) où on voit bien une fleur et les capsules qui sèchent et durent tout l'hiver :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Puis mon regard s'est attardé sur une prairie toute tachetée de fleurs de lin. On ne voit pas bien, mais les fleurs sont bleues. Ce n'est pas bleu comme un champ de lin en Normandie, mais c'est dans la nature :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Pour ceux qui n'auraient jamais vu de lin, voilà quelques échantillons de mon jardin :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Pour finir la série, voilà une touffe d'aphyllantes  (A. de Montpellier). J'en avais ramené des Corbières, mais mon pied végétait, et un hiver lui fut fatal : probablement trop d'humidité. Elles étaient presque toutes fanées, mais je vous montre la plante : que des tiges, car le nom signifie "sans feuilles" (a-privatif grec + feuilles)

     

    Aragon (suite et fin)

     

     

     

    Et maintenant la colle du jour. Qui connaît ça ? Pas moi, je n'ai pas trouvé. C'est très bas, sans couleur, mais pas vraiment blanc, les tiges ressemblent un peu au lin, mais en nain. Depuis que j'ai découvert, il y a 40 ans que le moindre brin d'herbe avait un nom, je déteste ne pas savoir nommer une plante.

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Sur les fleurs, il y avait une foule d'insectes très variés :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    La forêt cache d'énormes chênes probablement pluricentenaires :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Chaque jardin de chaque village, aussi petit soit-il, abrite ces magnifiques lis. Problème linguistique : une dame du village, à qui je disais que je les admirais, m'a dit que ce n'étaient pas des lis, mais des "azucenas" et mon dico me dit que les azucenas sont des lis blancs. Et les autres lis s'appelleraient des "lirios".  Qu'en dites-vous ? Lis ou pas lis ? (lis étant le mot actuel, et lys l'ancien)

     

    Aragon (suite et fin)

     

     

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    Je ne cesse de vous raconter que, pour jardiner à mon altitude, il faut être très très patient. 

    "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" a écrit La Fontaine dans Le Lion et Le Rat. Cette phrase est grammaticalement archaïque (on dirait actuellement ou que rage ou et que rage), mais quelle vérité sur le fond ! En arrachant en force les plantes de Zeph dans un accès de rage, je n'aurais pas pu profiter en cette année 2017 de la floraison des hellébores qu'elle m'avait envoyées en mai 2013 ! ! ! Voir l'histoire ici.

    Quatre années de patience à regarder leurs deux misérables feuilles ! Des plants qui ne grossissaient guère et qui restaient si chétifs !

    Un jour, à peine revenue de cinq semaines d'absence, je faisais le tour du jardin que j'avais laissé sous la neige. L'Ours ne m'avait pas dit que les perce neige étaient complètement finis, que les crocus déclinaient, que les jonquilles débutaient, que tous les arbres bourgeonnaient, bref que le printemps était tout à fait arrivé. Je m'extasiais comme chaque année devant chaque mini pousse verte, et tout à coup, que vis-je ? Que les deux hellébores que je croyais éternellement bébés fleurissaient ensemble !

    (Tout ce qui est ci-dessus a été écrit le 11 avril de l'an dernier, après l'opération de mon premier genou mais laissé aux oubliettes car je me perds les chèvres* en ce moment)

     

    Patience et longueur de temps...

             H. Neige et vermeil    Photo 11 avril 2017

     

    Patience et longueur de temps...                       

                                  H. Rubis   Photo 11 avril 2017

     

    Patience et longueur de temps...

    Photo mai 2018, 2 fleurs sur la même tige.

     

    Patience et longueur de temps...

    Autre photo de mai 2018, juste pour vous faire deviner LA feuille de l'hellébore blanche plantée toute seule sur la gauche de la photo : pas de fleurs cette année.

     

    *se perdre les chèvres = perdre la tête, être désorienté en langage local. Cela m'a été confirmé hier par le médecin et la pharmacie : c'est un peu normal après deux anesthésies en moins d'un an. Mais je suis tout de même très choquée : j'avais OUBLIÉ que mes hellébores avaient fleuri l'an dernier. J'ai reçu un grand choc en retrouvant cette ébauche d'article et en voyant les photos.

     

    Je vous rappelle que le weekend prochain 1,2 et 3 juin, c'est les Rendez-vous aux jardins (clic sur le lien pour trouver les jardins autour de chez vous) dans toute la France.

     

    Patience et longueur de temps...

     

     

     

     

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