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    Nous voilà déjà en décembre !

    Mon village et la station de ski attendent désespérément la bonne chute de neige. L'ouverture est reportée de semaine en semaine.

    Les commerçants sont prêts. La copine a ré-ouvert son restaurant, étrennant les nappes neuves :

     

    DécembreDécembre

     

     

     

     

     

     

     On ne voit pas que j'ai ramé, et ça fait très joli.

     

    La neige sale tombée le 22 novembre est toujours là. Je vois des îles à l'envers : un centre en eau, entouré de sable, avec le sol dur tout autour :

     

    Décembre

     

     

    Décembre

     

    Décembre

     

    La neige ramassée dans mon assiette s'est évaporée. Comme à la mer le fond a dessiné des vagues, alors que je n'ai pas fait de mouvements :

    DécembreDécembre

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ce n'est pas vraiment du sable, on dirait des pigments.

    Le chasse-neige était passé sur notre chemin. Les tas du bord s'évaporent peu à peu, la poussière rouge reste en surface, par moments cela ressemble à des blocs de sel de l'Himalaya, celui qui sert à faire des lampes :

     

    Décembre

     

    Vendredi je suis allée à Pau au salon "Fils croisés". J'ai fait des provisions de fournitures introuvables en magasins. J'ai parlé à d'autres acheteuses : elles m'ont confirmé qu'on ne voit pas ce genre de choses dans les Hautes-Pyrénées, ni les Pyrénées-Atlantiques.

     

    Décembre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Au retour, en m'arrêtant à peine,(pourtant rien ne pressait, ma route des gorges était fermée de 14 à 18 heures) j'ai admiré la chaîne des Pyrénées (un peu brumeuses) qui forment un vrai rempart bordant la plaine :

    Décembre

     

     

    Décembre

    Vous devinez la montagne la plus haute, toute grise, dans la partie gauche ? C'est le pic du midi de Bigorre au pied duquel je vis.

     

    Notre famille reporte elle aussi les décisions de semaine en semaine. Pourtant il ne nous reste guère de temps pour décider de chez qui nous faisons Noël, du thème que nous choisissons et de "qui fait quoi". Un thème déterminé, c'est bien : on évite la routine, ça change tous les ans, on fait travailler nos méninges et on s'amuse autant dans la préparation que dans la journée elle-même.

    Les années passées, il y a déjà eu l'Italie,  le noir et blanc, les graines et épices, Noël de crise, ici aussi) l'Asie, et j'en oublie.

    On va choisir entre Scandinavie, Espagne, une région, une ou deux couleurs, et pourquoi pas une forme particulière (boule ou autre), ou encore autre chose.

    Chacun et chacune est très occupé, mais nous sommes optimistes. Nous avons toujours réussi, nous réussirons encore.

    Parmi vous, j'en connais qui s'affairent, publient plein de belles choses : je suis en admiration. J'ai entrepris -un peu tard- de la couture, des bricolages : pourvu que j'y parvienne dans les temps.

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    Il m'a fallu un bon moment pour rédiger mes explications.

    Mes trois trucmachinchoses vous ont plus ou moins inspiré(e)s.

     

    Le premier, qui a été vite identifié par cchouette, est le bouéradour dont je ne garantis pas l'orthographe réelle (ni la prononciation qui varie d'un coin à l'autre). On peut lire boueradou, boueiradour, débouéradour, etc... chacun fait comme il l'entend.

     

    Bouretade, boueiradour et Cie

     

    C'est un outil limousin pour enlever la deuxième peau, la fine, des châtaignes. Pour cela, il faut ôter au couteau la grosse peau, et plonger les châtaignes dans l'eau bouillante d'un "toupi" (qui s'écrirait topin) en fonte. Et on "bouère", et "hardi que te déboueïre", c'est à dire qu'on remue à l'aide des deux manches, les parties crantées frottant les peaux à enlever.

    (en Limousin on bouère les cartes, on bouère une préparation culinaire, et on trie ce qui est tout bouéré)

     

    Bouretade, boueiradour et Cie

     

     

    Au bout du compte, les châtaignes sont blanchies, c'est à dire mises à nu, mais encore crues. Ensuite, il y a une façon très particulière de les cuisiner, mais je vous raconterai une autre fois.

     

     

     

    Le bouéradour que je vous ai montré est dans la famille de ma mère depuis plusieurs générations. Il a tellement servi que quelqu'un a changé l'axe de place, car il y avait trop de jeu. Une grand-tante qui le tenait de mes arrière grands-parents a tenu à ce que soit moi qui le récupère. Je regrette juste de ne pas avoir le vrai "toupi" qui allait avec.

     

     

    Objet N° 2

     

    Bouéradour, borretader, et molinillo

     

    Il s'agit d'une sorte de spatule très simple.

    Le bourétadé (on le prononce ainsi) est l'instrument indispensable pour remuer le pastet  (dire pastéttt) dans la couquelle, c'est à dire la marmite. Ici, il n'est pas une fête sans pastet. Les traditions ont la vie dure, et c'est très bien ainsi.

    Le pastet est une sorte de bouillie à base de farine de sarrasin et de lait. C'est tout un art que de le remuer au bon moment, et comme il faut.

    Ayant des doutes très forts, j'ai demandé à ma prof d'occitan, plus précisément de gascon des Hautes-Pyrénées, l'orthographe exacte de ces deux mots. Voilà un extrait de sa réponse, où je les ai soulignés.

     Adiu. Quin vas? Que vòs hèr pastet o qué? Bon qu'as de préner ua coquèla. E ara fin eth borretader... Bon dia e profita d'aqueth beròi só. Potons

    Mon borretader m'a été donné par Voisine qui savait que j'aimais beaucoup les "vieilleries". En même temps, j'ai eu les cuillères en bois, pour le pastet et pour la crème.

    Bouéradour, borretader, et molinillo

    Lors d'un vide-grenier, une association avait fait le traditionnel pastet, et vendait des borretaders neufs. Je n'avais pas pu résister. Voilà pourquoi j'ai presque une collection.

    Il ne me manque que la vraie couquelle des Pyrénées.

     

     

    Objet N° 3

     

    Quant au molinillo, le "petit moulin", il ne vient pas de nos terroirs de France, mais du Mexique. J'ai trouvé ça tellement joli que j'en ai ramené deux de Oaxaca, la ville du chocolat.

     

     

    Bouretade, boueiradour et Cie

    Les molinillos servent à faire mousser le chocolat, qui est au lait ou à l'eau, mais toujours épicé (cannelle, vanille essentiellement), dans un récipient assez haut, voire dans un vulgaire seau comme on l'a vu sur le marché. Le vendeur s'applique à bien remuer entre deux verres servis.  Vous verrez ici comment il est utilisé.

    Bouretade, boueiradour et Cie

     Ils sont faits d'une seule pièce, et les anneaux découpés sont mobiles autour de l'axe.

    Bouéradour, borretader, et molinillo

    Certaines étant parties sur l'idée d'une cuillère à miel, je vous montre la différence : la cuillère à miel est beaucoup plus petite et ses anneaux ne sont pas mobiles.

     

    Voili, voilou, c'est tout pour aujourd'hui.

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    Bonjour tout le monde,

    Des amies me demandent comment la fourmi peut toujours trouver des idées nouvelles. Facile ! Il suffit de regarder autour de soi.

    Hier, la météo annonçait pluie, pluie, pluie. Dans la soirée, je me suis aperçue qu'il neigeait (la météo persistait à dire pluie). Ce matin, je me suis précipitée dans la véranda au lever du jour. Je trouvais l'ambiance bizarrement jaunâtre. Vous savez pourquoi ?

    En plus de la neige, nous avons eu une arrivée de sable du désert.

     

    Le plafond de la véranda vu de dessous :

    Pas de grand blanc

     

    La véranda vue de dessus

    Pas de grand blanc

     

    Je trouvais qu'on ne voyait pas bien cette drôle de couleur. Je suis sortie (à peine car il pleut de nouveau) photographier les dalles de l'allée, avec des témoins blancs :

    Pas de grand blanc

     

    Enfin, j'ai gratté le dessus avec l'assiette : étrange, non ?

    Pas de grand blanc

    Sale dessus, blanc dessous.

     

    J'en ai ramassé un peu dans l'assiette, ai gratouillé pour rassembler ce qui était bien coloré, posé un peu de blanc au milieu, et voilà une idée de la neige du jour : on dirait du sucre coloré pour pâtisserie

    Pas de grand blanc

     

    La météo ne dit pas que des bêtises. Quand elle annonce du vent du sud, il vient vraiment du sud, de très au sud.

     

     

    Samedi, pour décorer mon plat de truite, je m'en fus au jardin dans le but d'y cueillir les dernières fleurs. Trouvant la bourrache et les campanules en mauvais état, je tournais avec mon ramequin, dans l'espoir de trouver quelque rescapée colorée. Et tout à coup, je vis ça :

     

    Pas de grand blanc

     

    Pas de grand blanc

    Pas de grand blanc

     Du safran le 19 novembre, après les premiers épisodes de neige et de gel !

     

    J'avais embauché l'Ours pour mettre ma plantation en valeur.

    Pas de grand blanc

     

    Pas de grand blanc

    Depuis, je ne suis pas revenue au fond du jardin car il plu tout le temps. Pourtant j'ai eu l'impression que d'autres fleurs se préparaient. Pour le moment j'ai 12 filaments du millésime 2016.

     

    Je vous répète une chose importante :

    Crocus sativus, le safran, ne pousse pas spontanément chez nous. est une liliaceae et a 3 étamines.

    Le colchique, famille des colchicaceae, est toxique dans toutes ses parties et comporte 6 étamines.

    Colchicaceae et liliaceae ne sont vraiment pas de la même famille. Il faut se méfier quand on ramasse des plantes, et s'équiper d'une flore pour les reconnaître.

     

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    Aujourd'hui, il pleut.

    Ce n'est pas grave, nous sommes dans le souvenir de la journée d'hier. Une des copines de l'Ours (eh oui, il a plein de copines randonneuses qui ont les genoux en bon état) voulait fêter son anniversaire avec le groupe, dans une cabane là-haut sur la montagne. Je pense à cette chanson venue des Alpes :

    Chacun de nous devait porter une partie du repas. Et comme je montais en voiture, on en a profité pour la remplir avec sacs, paniers, et tout et tout :

     

    Une bien belle journée

     

    Et la troupe est partie pour une demi-heure de chemin, chacun s'étonnant d'être si léger :

    Une bien belle journée

     Au passage, remarquez comme une station de ski est moche sans la neige. Celle-ci devrait ouvrir dans une dizaine de jours, mais...  il fait vraiment trop doux.

     

    La cabane est toute jolie,

     

    Une bien belle journée

     

    bien aménagée,

    Une bien belle journée

     

    confortable

     Une bien belle journée

     

    Les sacs étaient bien garnis :

    Une bien belle journée

    Les huitres ouvertes par les quelques hommes présents, et mises au frais dehors, en attendant l'heure du repas.

     

    Une bien belle journée

    Le foie gras sorti du bocal

     

    Une bien belle journée

    Ma truite en Gravlax et les fleurs qui auraient dû la décorer, mais le gel des jours précédents les avait "cuites". J'avais dû les jeter et seul le souci avait résisté.

     

    Une bien belle journée

    Les derniers radis du jardin d'une copine qui, partie pour quelques jours  à la Réunion, voulait qu'on les mange ensemble.

     

    Une bien belle journée

    Le poêle et la poêle en pleine action.

     

    Une bien belle journée

     Les bouteilles au frais

     

    L'héroïne du jour avait préparé pour chaque convive un petit bocal plein de gourmandises (goji, cranberries et chocolat ) que nous avons dévorées sans les photographier. Elle a aussi offert deux jolies aquarelles à ceux qui avaient tiré les tickets gagnants. Dommage, nous avons eu des "perdus".

    Une bien belle journée

     

    Que pensez-vous de ce cadre pour une petite sieste ?

    Une bien belle journée

    La carcasse métallique que vous voyez à gauche est  le support du panneau solaire (démonté et mis à l'abri pour l'hiver) : le berger qui passe l'été ici a l'électricité et l'eau courante.

     

    Une bien belle journée

    Des petites mousses fort mignonnes.

     

    Avant l'arrivée de la nuit, il a fallu redescendre. Je serais bien restée plus longtemps à cet endroit si agréable.

    Une bien belle journée

    Dire que certains ont besoin de boîtes de nuit et de casinos ! Nous, un coin de montagne nous suffit.

    .

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    Hier, pendant une pause dans mon labeur d'ourleuse de nappes en toile damassée enduite, j'ai lu les premières réponses à mes questions du jour. Parmi les suppositions farfelues (qui me ravissent, continuez), il y avait un commentaire de IsaMiaou, que je vous livre tel quel :


     

    Coucou,

    Pour les nappes je pense que tu as utilisé les "trucs" :

    * mettre du scotch sous ton pied de biche

    * mettre du papier de soie entre le pied et la toile enduite (même dessous comme un sandwich )

    * faire tenir les coutures avant piquage avec du scotch

    * aiguille pour jean's

    *parfois ajuster la tension ...

     

     

    Merci pour cette récap bien utile dans le cas de coutures "espéciales". Il est nécessaire de revoir parfois les fondamentaux.

    Mais là, j'avais 20 nappes en 1mX1m et 13 en 1mX1,50m, ce qui donne 145 mètres d'ourlet : personne n'imagine que j'allais fignoler, quand même !

    * la tension : OK, elle était bonne

    * l'aiguille pour jean : inutile, ça piquait bien avec du 80

    * le scotch pour "faufiler" sans trous, je n'y aurais pas pensé, mais ça aurait été un travail de Titan, vu la raideur du matériau

    * le papier de soie, je l'utilise rarement car ma machine coud à peu près tout sans rechigner (sauf une fois une robe de Cendrillon). Dans mon exercice actuel, ça aurait été ingérable.

    * le scotch sous le pied de biche, je crois avoir lu ça quelque part, mais comme je n'en ai jamais eu besoin.... et là TILT !!!

    De quoi qu'elle cause Isa ? De pied de biche ? Qu'y a-t-il dans la boîte à malice de ma machine, celle que j'ouvre tout le temps pour accéder à la canette ?

     

     

    Parmi tous ceux en acier, il y en a un blanc, en Téflon paraît-il,  tout neuf depuis 25 ans. On m'avait dit qu'il servait à quoi ? Vite, Internet : ça sert pour la toile cirée............... (j'ai aussi une notice, mais guère plus usée que le pied en Téflon)

    J'ai essayé : le combat est devenu tout de suite moins violent. Mon tissu est toujours aussi encombrant, il me faudrait encore 4 mains pour le guider et le maîtriser, mais il avance bien mieux grâce au Téflon. Merci Isa !

     

     

    Je tiens fermement mon pli de la main droite, et je tire presque de la main gauche en pinçant fortement entre le pouce et l'index. Le tissu étant très lisse, je le tiendrais mieux par la bordure, de la main droite, mais bonjour le mal de dos si je passais la journée avec mon bras glissé au travers de ma machine.

    Ce qui est utile aussi, c'est une machine bien enfilée. Je vous disais que tout allait mal, mais il me restait encore des surprises à découvrir.

    Hier matin, je pensais qu'après une nuit de repos ma machine et moi serions en pleine forme. Hélas ! le fil de m.... continuait à casser. Je pris du fil de la bonne marque, dans les couleurs les moins voyantes : il cassait aussi, au bout de quelques centimètres.

    Bras croisés sur la table, je me mis à étudier la machine.

    Fil bien enfilé, bonne marque éprouvée depuis plusieurs dizaines d'années, bons réglages (tension du fil et longueur du point), canette bien en place, tout allait bien. Une seule chose restait : l'AIGUILLE.

     

     

    Il me revint en mémoire, à ce moment-là, que j'avais cassé la précédente. Au moment de la changer, j'avais remarqué que le talon de la nouvelle était entièrement cylindrique au lieu d'avoir une face plate (c'était quoi encore ces aiguilles de m...., comment avaient-elles atterri dans mes outils ?). Elle avait pourtant fonctionné normalement un bon moment jusqu'à ce qu'elle tombe de son support (probablement par ma faute, car vis pas assez serrée).

     

    Je vous rappelle que ma couture était difficile, et j'ai commis à ce moment la "fatal error" (votre ordi aussi vous dit ça parfois ?) : je l'ai replacée SANS REGARDER LE SENS, sans penser au petit sillon qui guide le fil. Eh bien, je peux vous dire que ce petit détail change tout. Je l'ai réinstallée comme il faut, et maintenant tout va bien, même ce pauvre fil que je traitais de fil de m.... a cousu plusieurs nappes sans aucune anicroche !

     

    Je trouve que c'est comme la conduite automobile. Tout le monde, ou presque, a son permis de conduire. Mais qui sait changer une roue, faire la vidange, assurer la moindre petite réparation ? On sait parcourir des milliers de kilomètres, réaliser de superbes créneaux, et on accompagne Titine au garage au premier souci.

    Avec la machine à coudre, je réalise de jolies choses, je la guide très bien pour obtenir le résultat espéré, je change le fil, je fais les canettes : c'est tout. Au moindre problème, je rame.

    On dit "à mauvais ouvrier, mauvais outils", et je vais finir par penser que celle qui croit n'avoir que des matériaux de m.... est elle-même une couturière de m.....

     

    Nous avons apporté une première livraison hier soir, histoire de se faire au bistrot une soirée Beaujolais nouveau. Ça fait du bien de sortir, de voir du monde et d'entendre chanter quelques jeunes du pays, car ici tout le monde chante, même les ados.

    Seul le bar est ouvert, j'ai quelques jour de sursis pour finir les nappes. Ouf !

     

                           -   .   -   .   -   .   -   .   -   .   -

     

     PS : je vous demande de faire un petit effort. Il y a eu peu de propositions pour identifier mes trucmachinchoses. Soyez sérieuses ou farfelues, mais lâchez-vous un peu ! Les distractions sont rares en cette saison dans ma montagne. Je vous rappelle que mes objets sont encore utilisés de nos jours, que l'un d'eux est saisonnier (ce qu'explique gentiment l'une d'entre vous), et qu'ils n'ont aucun rapport avec le miel, ni les cheveux, ni les dentelles, ni la lessive. Je vous ferai une réponse détaillée bientôt.

     

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