Depuis la dernière neige, il y a déjà pas mal de temps , nous avons un ciel bleu bleu, (sauf aujourd'hui où il y a nuages et crachin) juste traversé par les nombreuses traînées faites par les multiples avions qui survolent les Pyrénées.
Le plafond de ma véranda, vu depuis où je m'installe pour vous écrire.
Elle va où la pollution des avions ? Elle tombe juste en dessous ? Elle reste en l'air ?
Si j'agrandis, on voit bien les avions. Et c'est toute la journée qu'il y en a. Parfois 3 ou 4 en même temps.
Au début de la semaine, nous nous demandions pourquoi la montagne en face de chez nous semblait voilée, de plus en plus trouble de jour en jour. : les photos sont "nature", sans aucun trucage.
Je vous explique le paysage. Je vis sur le flanc de la montagne, au pied du Tourmalet qui est dans mon dos quand je regarde le Massif de L'Ardiden.
En bas de chez moi, ce qui ne se voit jamais sur les photos, il y a une agglomération de trois villages (Luz-Saint-Sauveur/ Esquièze-Sère et Esterre : 1500 habitants à eux trois, et pas d'usines).
À gauche, la vallée qui monte vers Gavarnie. À droite la route des gorges qui descend vers la plaine (Argelès-Gazost, puis Lourdes et Tarbes). Il suffit qu'il n'y ait pas de vent, et toutes les fumées stagnent dans ce fond de vallée (chauffage, circulation augmentée par la présence des vacanciers ?).
Ce n'était pas une impression car, un matin, tout était redevenu normal : bien lumineux.
Le ciel est vraiment TRÈS bleu : je trouve que le ciel des villes n'a pas de couleur par rapport au nôtre.
Le jour le plus moche, tous les skieurs ont pu constater que la plaine était recouverte d'un énorme nuage gris foncé posé au sol.
Photo C. R.
Photo C. R.
Ma petite-fille a fait ces deux photos spectaculaires, car elle s'est demandé ce qui se passait.
Quand on voit ça dans un département peu peuplé, sans industries, on se pose des questions au sujet de la "survie" dans les villes. Ces images m'ont rappelé mon enfance bordelaise. Les usines fumaient à tout-va et moi, toute gamine que j'étais je m'en étais aperçue.
Nous allions régulièrement à Limoges voir mes grand-parents. Au retour en arrivant sur Bordeaux, notre route s'achevait sur le coteau des Quatre-Pavillons qui dominait l'agglomération. La ville était en bas, au bord de la Garonne, je voyais toutes ces fumées qui l'enveloppaient, et je n'avais pas envie d'y descendre, surtout après avoir traversé tous ces paysages verdoyants d'où nous venions.
Je me souviens d'un jour, il y a bien 40 ans, j'étais dans un embouteillage parisien avec une copine. Elle était représentante, très chargée, et était obligée d'aller travailler en voiture. Elle prit alors un chiffon et commença à essuyer son pare brise qui était sale.
Horreur ! Malheur ! Nous nous sommes dit que, si le verre était aussi noir, et que nous respirions l'air qui salissait ainsi les vitres, comment étaient nos poumons ?
Ces derniers jours, en voyant notre ciel, je me suis dit que je comprenais tout à fait les restrictions de circulation dans les villes.
Plus les années passent, plus j'hésite à prendre ma voiture pour aller ne serait-ce qu'à Luz (7 ou 8km). Je groupe mes achats, et je rate plein d'activités, de réunions ou de manifestations pour ne pas trop participer à ce fléau qu'est la pollution.