Bonjour tout le monde,
le froid vient d'arriver, et ça me rappelle des souvenirs. Nous avons acheté notre maison en juin 2000. Été magique, plein de projets d'aménagement, bonheur total : nous avions l'impression d'être propriétaires du paradis.
L'Ours avait une drôle de grille de repos, avec seulement un weekend sur deux, mais souvent un vendredi ou un lundi accolé à ce weekend. Du coup, j'avais pris un temps partiel à 80% pour pouvoir profiter au maximum de notre Éden, où nous nous rendions tous les quinze jours..
Tout l’automne, je me suis chantonné La Madrague, en savourant le plaisir de ne pas "ranger les vacances dans des valises en carton". Notre montagne est super en toutes saisons. Mais notre maison avait le confort d'un autre siècle, surtout pour le chauffage, et l'hiver est arrivé. Gros murs en pierre, sol en pierre, mur du fond enfoncé dans la montagne, pas troglodyte, mais presque.
Au rez-de-chaussée, une cuisinière à charbon dans la cuisine et un poêle à mazout dans l'entrée.
Au premier étage, un poêle à mazout dans la salle de bains (dans un recoin qui ne chauffait pas le reste de l'étage).
Au deuxième étage, un autre poêle à mazout : le palier était bien chauffé, mais on avait intérêt à laisser les portes des cinq chambres ouvertes..
Vous imaginez qu'avec de vieilles huisseries pas étanches, il ne faisait pas chaud chaud dans la maison. Et quand on arrivait vers le soir dans cette glacière fermée depuis deux semaines, il fallait allumer tous nos chauffages. Monter les arrosoirs de fioul sans faire déborder dans les escaliers et se bagarrer avec le charbon.
Quand l'heure de se coucher arrivait, je vivais des moments terribles : un sous-vêtement thermique, une autre épaisseur, un pantalon de pyjama en polaire (dans lequel je coinçais les épaisseurs du haut et que je bloquais en bas dans des chaussettes en laine), un grand foulard bien chaud pour ne pas avoir de courants d'air dans le cou. Seules mes mains touchaient la literie. Évidemment, pour couronner le tout, je me recouvrais le chef avec un bonnet, en laine lui aussi. C'était l'horreur. Au matin ça allait mieux, car tous les chauffages commençaient à faire leur boulot.
Cliquez sur le lien de Miaou dans le commentaire n°3. Elle et sa famille ont gardé un souvenir impérissable de leur Noël à la montagne. Elle aussi raconte très bien.
Je me remémore ces moments en pensant aux ukrainiens qui vivent cela sans avoir rien choisi. Et à tous ceux qui n'ont plus assez d'argent pour se chauffer. Depuis 2006, notre chaudière fonctionne aux granulés de bois. Cet hiver, ils sont entre deux et trois fois plus chers, quand on en trouve. Qui va pouvoir dépenser autant ?
Aujourd'hui, premier dimanche après une bonne chute de neige, c'est embouteillage en direction de la station de ski. Entre 8h30 et 9h30, j'ai regardé le parking de Tournaboup se remplir. Les voitures arrivaient à la queue leu leu. Et les impatients dépassaient la voiture de devant, pendant que les placiers s'efforçaient de faire bien garer tout le monde. Encore "Pouark !" devant si peu de civisme. Il est vrai que la neige rend fou.
Et pendant ce temps-là, je vis tranquille, au chaud, dans mon appartement de fond de vallée. J'ai eu envie de me distraire : dans une "Bible des monochromes au point de croix", j'ai trouvé ce bel oiseau blanc. Dans mes trésors, j'ai choisi un fil nuancé rouge et vert, pensant qu'il serait d'un bel effet pour le plumage. Mauvaise idée, ça fait juste fouillis. Alors, comme j'avais commencé par les plumes de la queue,j'ai décidé de continuer en faisant le corps et les ailes en uni. Bof, rendu moyen.
Ça me servira de leçon. Parfois il vaut mieux suivre le modèle.
On ne voit pas bien que, en plus du mauvais choix de coton, j'ai mal placé mon sujet. Beaucoup moins de marge en haut qu'en bas, et pourtant j'avais compté, mesuré, recompté... Quelle tête de linotte !
Je vous souhaite une bonne fin de dimanche.