Je me posais des questions, mais j'en suis certaine maintenant : l'automne est là. Hier, profitant d'un temps magnifique, et de ma relative bonne forme physique, j'ai repris mes outils et j'ai entrepris le nettoyage du jardin. Pauvre jardin à l'abandon depuis presque deux étés à cause de mes genoux.
Il y a de quoi arracher, tailler, déménager... Quand je vois tout ce que fait Marithé chez elle et tout ce qui est à faire chez moi... les bras m'en tomberaient presque (mais j'ai trop besoin d'eux, ils faut qu'ils restent solides).
J'ai pris l'APN, et je me suis fait quelques photos-souvenir.
Les feuillages changent de couleur, mais il reste des fleurs.
Mon amie qui est en cure me dit que mon jardin est très fleuri vu des thermes qui sont en contrebas de chez nous.
Pas que des fleurs.
Je n'aime pas les fleurs jaunes, mais ces helianthus me plaisent bien avec leur couleur citron.
J'ai taillé le côté gauche de la spirée : elle passe ainsi du rouge au jaune pour ressembler aux hostas.
Il y a de plus en plus de colchiques aux abords de l'appartement.
Et le paysage que j'admire depuis la table où je passe beaucoup de temps (repas, couture, ordinateur).
Je me disais que j'avais de la chance : l'été n'a pas été sec chez moi, et les plantes se portent bien.
( Ouverture d'une grande parenthèse :
Mais, tout en grattouillant mon jardin, je ruminais sur un sujet qui me fâche. Il m'a été rapporté que je suis considérée, par quelqu'un que je trouve pourtant sympa, comme étant une retraitée nantie, et qu'il est anormal que je conteste les ordonnances Macron.
Nantie, moi, avec seulement 20 ans de service dans l'administration ? Nantie alors que, habitant à l'époque un village sans cantine et sans garderie pour les petits, j'ai dû rester 15 ans en "disponibilité pour charges de famille" ou pour "convenances personnelles" car je n'avais plus de poste dans mon département ?
C'était au temps où la méthode Ogino n'était pas fiable, où la pilule ne se délivrait que de façon presque confidentielle, et où les stérilets n'offraient pas autant de garanties que maintenant. Je me suis retrouvée avec trois bébés sur les bras à 25 ans. Mais j'ai préféré rester avec eux, tranquillement, plutôt que de travailler et leur imposer une vie de bousculade à sans cesse courir après le temps. Je trouvais sympa de cueillir des fleurs sur le chemin de l'école, de leur coudre des vêtements, d'avoir le plaisir de cuisiner.
À 25 ans, on ne se pose pas de questions pour la retraite, on assure le quotidien. Je regarde avec tristesse les jeunes d'aujourd'hui pas plus inquiets que moi pour leur avenir. Les "petits boulots" leur conviennent, ils comprendront plus tard.
Hier soir donc, la retraitée nantie a sorti ses papiers et s'est livrée à quelques calculs. Je ne fais pas ça d'habitude, car je suis résignée. Quel est le pouvoir d'un retraité ?
J'ai comparé mes bulletins de pension de décembre 2003 et de février 2015 (je n'en reçois qu'en cas de changement, et le dernier est mal rangé, car ma banque me dit que je perçois actuellement 1,04€ de moins qu'en février 2015, donc pas d'augmentation depuis 31 mois.
Pas d’augmentation depuis 31 mois, vous avez l'impression que le coût de la vie est aussi stationnaire que ma retraite ?
Entre décembre 2003 et février 2015 donc, ma retraite de base a augmenté de 17,78% pendant que l'inflation était de 19,6%. Dans le même temps, le pourcentage total des prélèvements (CSG, RDS + CADA créé plus récemment) est passé de 6,70% à 7,40%. Ma mutuelle a, elle aussi, bien augmenté à cause du désengagement de la sécu.
Il faut que je décrive aussi mes autres revenus, pour lesquels j'ai attendu d'avoir 65 ans, car j'ai plus qu'en les faisant liquider à 60 ans.
Pendant 3 ans je fus mercière. J'ai juste gagné un stock de fils, boutons, fermetures éclair, etc ... pendant que je cotisais beaucoup pour que le fameux RSI me verse 25,05€ par mois. 25,05 pour 3 ans, ça ferait 250€ pour 30 ans ?
Pendant mes années de dispo, les allocations ont cotisé pour moi pour le "minimum-vieillesse". J'étais tranquille, mes années ne seraient pas financièrement perdues. Je ne savais pas que le minimum était si minime que ça : pour 12 ans validés, plus quelques heures de travail à temps partiel, je perçois 102,57€.
Alors, nantis les retraités ? À mon avis, bien moins que ceux qui "jouent" en bourse, qui sont dans la finance, ou qui sont parlementaires.
Je re-manifesterai, car le bon air de la montagne ne suffit pas pour bien vivre. Il faut aussi payer les impôts (qui augmentent, eux), du chauffage (la planète se réchauffe, mais les hivers sont toujours longs), de la nourriture (mon climat ne permet guère de cultures pour faire des conserves), et aussi un voyage pour nos 50 ans de mariage l'année prochaine.
Heureusement, l'Ours a une retraite plus convenable que la mienne. Dans sa branche, il a cotisé à une complémentaire qui lui double sa retraite de base. Mais, qui a travaillé les dimanches et jours de fête, qui a eu des horaires du matin tôt ou du soir tard, qui a eu ses congés d'été n'importe quand entre mai et octobre même quand les enfants étaient petits ?
Globalement, nous ne nous plaignons pas, mais NOUS NE SOMMES PAS DES NANTIS !
fermeture de la grande parenthèse).
Quand des locataires arrivent, j'ai l'habitude de faire un bouquet pour les accueillir. En ce moment, c'est des amis de très longue date. j'ai opté pour ce que je trouvais le plus joli en vase :
La monnaie du pape épluchée de frais, ornée d'un papillon en tissu.
Devinez comment s'appelle ma complice de Croix Rouge (ah, les postes de secours le dimanche, un plan ORSEC en vrai, etc...), de parents d'élèves au collège et de couture ? Nous avons tant de souvenirs communs depuis 35 ans...