• La petite

     

     

    Exercice d'écriture, d'après une idée de Pascal PERRAT.

    J'ai beaucoup aimé inventer une suite à l'histoire de la coccinelle, je réitère donc. Je publie ça juste pour faire un peu distraction et occuper "intelligemment" ma tête en vrac. C'est très bref, mais je vous livre 3 versions car je n'ai pas pu me décider à en développer une en particulier. Voilà donc mes trois ébauches :

     

     

    1 Dans ma famille, j'ai toujours été la plus petite. Celle qu'on oublie dans une poche ou dans un sac.

     C'est casse-pied tout de même. Je sais que, dans ma famille, j'ai des cousines très voyantes, belles, brillantes ou colorées, et personne ne fait attention à moi.

    C'est trop dur de ne servir à rien, alors que si on avait pensé à me mettre en terre au lieu de me laisser me dessécher, je serais devenue un énorme pied de pavot avec des fleurs de dix huit centimètres de diamètre qui auraient fait l'admiration de tous les visiteurs du jardin. C'est pas de ma faute si la nature fait de grosses graines pour des plantes ordinaires, et des si minuscules comme moi.

     

     

    2  Dans ma famille, j'ai toujours été la plus petite. Celle qu'on oublie dans une poche ou dans un sac.

    C'est casse-pied tout de même. Je sais que j'ai des parents très grands, très forts, très utiles, mais personne ne fait attention à moi.

    Dans l'atelier,on les remarque les tenailles, pinces coupantes, pinces crocodile, tous les outils utiles. Et moi ? Qui suis-je ? Une petite chose futile ? Eh bien non ! Non et non ! Je suis utile, très utile. Qui cherche-t-on, perdue au fond d'un sac ou d'un tiroir quand on s'est bêtement planté une écharde dans un doigt ? Ou quand en se promenant sur un bord de mer on a posé le pied sur un oursin ?

    Dommage pour eux, ils vont me chercher longtemps ! Ça leur apprendra à faire un peu attention quand ils posent leur pince à épiler !

     

     

    3 Dans ma famille, j'ai toujours été la plus petite. Celle qu'on oublie dans une poche ou dans un sac.

    Elles sont estimées, les grosses blanches avec leur anneau doré. Ou les dorées avec leur anneau blanc. Elles servent au supermarché pour emprunter un chariot. Ou à acheter quelque chose.  Les gens estiment leur valeur à leur équivalent en marchandise.  Mais il y a une justice : la semaine dernière, dans le journal qu'ils achètent, à la maison, il y avait un article qui disait de m'utiliser pour remplacer un joint. Youpi ! Ils vont enfin faire attention à moi ! Comme ils sont loin d'un magasin de bricolage, ils seront bien contents de me trouver, moi la petite pièce orange, pour remplacer une rondelle ou servir de cale.

     

     

     

     


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  • Commentaires

    11
    Ymi
    Vendredi 16 Janvier 2015 à 09:24

    Coucou Fourmi,


    Vouiiiiiii ! Gagné ! wink2


    Douce fin  de semaine. Bisous.

    10
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 19:54

    @ Sereine : eh bien, en voilà un beau texte bien développé ! Va vite voir chez Pascal PERRAT, il y a plein d'autres propositions.

    9
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 18:56

    Dans ma famille, j'ai toujours été la plus petite, celle que l'on oublie dans une poche ou dans un sac ....

    Elle m'avait ramassée sur la plage, avec mes frères et soeurs, mes oncles et tantes. Elle nous avons mis dans ses poches de blouson, le temps du transport jusqu'à sa maison. Ensuite toute la famille a été réuni dans un long bocal , le logement d'un beau poisson bleu et de ses 5 amies.

    Moi si petite, elle m'a oubliée dans sa poche. Je suis de la famille Galet pourtant. Eux ils n'ont rien dit. Ils avaient une nouvelle vie, ils ne pensaient déjà plus qu'à leurs poissons. Personne n'a crié mon nom, personne n'a pleuré mon absence. Il faut dire qu'ils étaient tous passer en eau douce. La vie qui créée des larmes de mer, c'était du passé. Un passé dépassé, oublié comme moi.

    Moi si petite au fin fond du blouson rouge.

    J'ai vécu 10 ans sans eux, sans voir, sans savoir autre chose que le rouge doublure de la poche. Parfois un mouchoir, parfois un emballage de gâteaux, mais tant et tant de solitude.

    Dans la famille Galet la vitesse du temps n'importe pas. On vit et c'est bien ainsi. Nous sommes éternels. Vivre c'est vieillir, vieillir c'est mincir jusqu'à devenir grain de sable. Ensuite sur le reste du temps de l'éternité, nous voyageons d'un océan à l'autre.

    Il en était fini pour moi, des marrées  me jetant sans ménagement contre les rochers, les falaises, les cousins, les grands-parents. Je vivais des ballotages sécurisés.

    La mer lisse ses galets telle une marâtre qui veut soumission. On glisse dans ses doigts, pour une patine d'elle.

    La doublure rouge de la poche me berce en ne déteignant pas sur moi. Bel luxe !

     

    Et puis un jour ...

     

    La main m'a trouvée au fond de la poche. Il y avait longtemps qu'elle n'avait plus vu la mer, tellement de temps qu'elle m'a gardée dans sa paume en se demandant qui j'étais , d'où je venais.

    J'étais si petite qu'elle n'a pas cru que j'étais de la famille Galet.

    Elle m'a crue fille des pierres précieuses.

    Alors voilà, pourquoi aujourd'hui je suis pendue à son cou, et que ma vie danse près de son coeur.

    Parfois je revois ma famille. Le beau poisson n'est plus. Ils sont passés dans le pot des cactus. Ensemble mais si secs.

    8
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 15:50

    Tu as de l'imagination bravo .

    Trois versions différentes .

    La dernière me parle bien !! smile.

    Bizz

    7
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 11:55

    @ Miaou, Nini et Cathy : merci, merci

    @ Ymi : les graines ?

    @ Elisa et Couleur-parenthèse : je n'ai pas eu le sentiment d'évoquer des blessures d'enfance. J'ai seulement donné une suite à la phrase proposée par Pascal Perrat. J'étais fille unique, aimée, plus vieille que mes petits cousins. J'étais timide et discrète, mais je n'avais pas l'impression que cela me pesait. Si on m'oubliait, pas de souci : j'avais toujours avec moi ma valisette de jeux, et je savais jouer seule.

    Elisa, je vis dans un pays de moutons. Un sur sept (je crois) est noir, mais on ne le considère pas comme moins beau, et pour faire des jacquards naturels on a besoin de toutes les couleurs. C'est terrible ce qu'on disait de toi !

    Laure : joyeux anniv à ton Pierre, et bonne journée.

     

    6
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 10:51

    Bravo! Tu as bien fait de mettre les 3 versions! Nous avons tous des blessures d'enfance! Et je peux te dire que pour moi, elles sont costaudes et me donnent encore du fil à retordre! Merci pour ta confiance et voilà qui me réjouit! Partager en profondeur de conscience et de coeur, voilà le chemin sûr de la fraternité! Je t'embrasse fort! c'est l'anniv de Pierre today et j'ai mille préâs à faire! Je suis à la bourre comme d'hab! A+! cool

    5
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 10:14

    C'est tout mignon ce que tu écris mais tout de même un peu triste ......

    Moi, dans ma famille lorsque j'étais petite voilà ce qui se passait. J'étais d'un premier mariage et j'avais et j'ai encore les cheveux bruns. Tous les autres membres de ma famille étaient blonds alors on disait à ma mère :" Mais comment cela se fait qu'elisa soit différente ?" Ma mère qui n'était pas pleine d'amour pour moi répliquait toujours :" "Dans un troupeau il y a toujours un mouton noir !" 

    4
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 07:54

    Tu as été inspirée !! bravo.

    Bises, belle journée.

    3
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 06:53

    Trois sourires à la lecture de tes écrits avec une préférence pour l'une d'entre elles

    qui se devine facilement...

    ah, oui mais laquelle ? Promis, je reviendrai t'aider si d'aventure tu ne trouves pas smile

    Bon mercredi, Fourmi. Bises d'ici.

    2
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 06:27
    CathyRose

    Très bien écrit, je ne saurais te dire quelle version je préfère !
    Très belle journée, bisous !
    Cathy

    1
    Mardi 13 Janvier 2015 à 23:50
    MiaouIsa

    Adorables fables. Bisous amiennois.

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