• Inceste

     

    On en parle enfin, il faut espérer que tous ceux (gendarmerie, police, justice) qui reçoivent des victimes soient formés et prêts à aider les plaignants. L'inceste est vieux comme le monde, et il faut que cela cesse.

    La triste histoire que je vais vous raconter s'est vraiment passée au tout début du XXIe siècle. Des amis que je connais depuis 40 ans ont vécu ce cauchemar. J'ai changé tous les prénoms.

    Les parents du petit Victor se sont séparés tranquillement, sans se faire la guerre, quand il avait même pas trois ans.

    Au moment où tout bascule, Victor est à un âge où tous les enfants parlent, sauf lui, "détail" très important. Un dimanche soir, alors qu'il revenait de chez son papa, au moment du bain, Sophie s'aperçoit qu'il y a du sang dans sa culotte. Ni une, ni deux, elle emmène son petit bonhomme à l'hôpital, sans aucune arrière-pensée, pour savoir ce qui lui arrive. Et là, le ciel lui tombe sur la tête : le médecin de garde est formel. Victor est abusé par un adulte !!!!

    Commence alors le calvaire pour Sophie. Il y avait déjà une association d'aide aux victimes, jamais personne n'a répondu.

    Quant aux services de gendarmerie ou de police, ils furent particulièrement inefficaces. Ils ont commencé par ne pas croire ce que Sophie leur disait. Évidemment, accuser une famille honorablement connue, bien sous tous rapports, cela ne pouvait qu'être une vengeance après séparation...

    Ils ont fini par essayer d'"entendre" le petit Victor. Un flic tout seul a voulu que Victor lui raconte. Bien que prévenu que Victor ne parlait pas, il a persisté à l'interroger seul, sans l'aide de Sophie, car elle allait influencer son fils...

    Heureusement, du côté de sa maman, Victor a une famille équilibrée et aimante. La grand mère, Geneviève, a réussi à en savoir plus. Elle a passé du temps avec Victor, lui a fait faire des dessins, et tout s'est éclairci. Son papa l'emmenait chez les grands parents, et là...ça nous dépasse. La grand mère le tenait pendant que le grand père le violait, en présence du papa, de la sœur du papa et d'un homme dont on n'a pas pu savoir de qui il s'agissait. La cousine (fille de la sœur du papa, un peu plus âgée que Victor) subissait les mêmes violences.

    Sophie ne fabulait pas, elle n'aurait jamais imaginé ça. Action en justice, tracas divers, et devinez quoi... démêlés avec la justice pour NON PRÉSENTATION D'ENFANT. Qui aurait laissé son enfant remettre les pieds dans une telle famille ? Sophie fut condamnée à deux mois de prison (avec sursis et sans inscription au casier judiciaire). Vous imaginez ? On viole votre enfant et c'est vous qui êtes condamnée ?

    Sophie a choisi de partir travailler à plus de 400km pour ne plus rencontrer ces gens. Victor s'est enfin mis à parler, et on ne peut plus l'arrêter. Avant d'en arriver là, il a fallu consulter médecins, pédopsychiatres, orthophonistes et tout et tout, pendant des années. Que cela soit dans leur région d'origine ou dans leur nouveau lieu de vie, tous les spécialistes sont d'accord : Victor a bien subi ce qu'avait décelé le premier médecin.

    Sophie a tout entendu de la part de certains policiers, même un truc du genre :"oueh, vous pouvez déposer une plainte, mais ça ne servira pas à grand-chose. Ça aura plus de portée si votre fils fait la démarche lui-même quand il aura 18 ans". Quoi ? Il fallait laisser faire 14 ou 15 ans de plus ?

    Sophie a passé beaucoup de temps devant la justice, et pourtant la famille paternelle n'a jamais été condamnée, car non jugée.

    Vingt ans plus tard, Victor va bien, il a eu la chance d'avoir une famille maternelle qui a bien réagi, mais personne n'a oublié la nullité des garants de la loi qui n'ont pas fait leur boulot, et qui ont parfois été ignobles. Ça aussi il faut que ça change. Dix pour cents d'enfants violés, soit deux par classe, (chiffres officiels) et beaucoup trop souvent en famille.

    Espérons que le 119, n° d'appel pour les enfants en danger soit efficace.

     


  • Commentaires

    7
    Mardi 23 Février à 08:28

    Un récit insoutenable et les personnes qui ont pratiqué ces viols jamais punis .

    Le livre de Camille Kouchner libère la parole et c'est incroyable tout ce qu'on découvre .

    Bises

    6
    myriam
    Dimanche 21 Février à 21:35

    il n y a pas de mots pour parler de ces horreurs !

    les paroles se libérent , mais pour moi les sanctions ne sont pas en consequence  des desastres causés !la justices trainent " les pieds " !!!

    bonne soirée

    5
    Sylvie 79
    Dimanche 21 Février à 18:27
    Je vais aussi abonder dans ce sens....Par 2 fois, pour les mêmes fillettes (2 soeurs) j'ai été amenée avec mes collègues, dans le cadre de mon travail, à faire des signalements appuyés par les témoignages du médecin scolaire, pour sévices familiaux et....rien n'a bougé ! C'est à se demander si la déposition a été transmise aux procureur et juge pour enfants....Malheureusement, c'était une famille très "simplette" et les filles sont restées "simplettes" et donc....leur avenir est bien compromis....
    4
    arlette
    Dimanche 21 Février à 08:08

    Bonjour,

    Quelle horreur et surtout quelle fréquence en toute impunité.On peut dire ce que l'on veut de notre société actuelle mais au moins elle permet la libération de la parole et l'écoute des enfants, bien sûr tout n'est pas encore parfait.

    Bonne journée

    3
    Samedi 20 Février à 23:03
    J'ai moi-même eu à signaler des "suspicions" d'inceste à la fin des années 60 dans les fin-fonds de notre Limousin. Une fillette de 6 ans. Peine perdue " Ma pauvre, c'est comme ça. Vous perdez votre temps !"
    Les gendarmes avaient peur des coups de fusil.
    Ce serait aujourd'hui, je m'adresserais directement au Juge pour enfants.
    Bises et bon dimanche ma petite fourmi.
    2
    Lalibricole
    Samedi 20 Février à 22:25

    Une histoire vraiment très triste. On entend trop souvent ce genre de choses !

    Vraiment très triste (les mots sont bien en dessous de ce que je pense vraiment) !

    1
    Miaou
    Samedi 20 Février à 19:19
    Miaou

    Hélas, des histoires du genre j'en ai trop entendue.
    J'ai fait un remplacement de 6 mois seulement comme faisant fonction de puéricultrice dans une PMI dans une campagne profonde..(en 2000 mais je me pensais au moyen-age! ) jamais j'aurais renouvelé mon contrat si on me l'avait proposé (je remplaçais juste pour une maladie) - C'est insupportable et croyez moi c'est (c’était?) très très fréquents !
    "C'est MON gosse, j'en fait ce que JE VEUX ai je entendu ! "  une fois (même pas dans cette mission)

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