• Dimanche en ZAD

     

    Bonjour tout le monde !

    Entre (par ordre chronologique d'entrée dans mon cerveau) le TAFTA, la COP21, la mort programmée de notre funi chéri par nos élus locaux, et les attentats de Paris, comment avoir le moral et le sourire ?

    Hier, dans le cadre de la COP21, j'avais l'intention d'aller à Paris pour grossir la foule qui comptait montrer aux politiques que le peuple attendait des décisions importantes...

    Mais attentats, état d'urgence, rassemblements non autorisés. Nous devions nous rabattre sur Toulouse pour une grande marche citoyenne non violente. Mais, là aussi, annulation.

     

    Nous n'allions pas rester au coin du feu à ne rien faire de symbolique. C'est pourquoi les associations du département ont proposé un pique-nique convivial sur la ZAD de la région de Tarbes. La Zone À Défendre est un très beau terrain (qui était agricole) sur lequel est prévue une usine de traitement des déchets.

     Les habitants de la commune concernée étaient désespérés : personne ne les entendait, ils n'avaient aucun soutien, et pourtant ils savaient que ce projet est un mauvais projet. L'idée leur est venue de faire comme à Notre Dame des Landes.

     Ils ont fait appel à des Zadistes.

    Je croyais que les zadistes étaient des habitants directement concernés par un projet néfaste. Erreur de ma part.

    J'avais entendu aux infos qu'ils venaient d'ailleurs et on disait beaucoup de mal d'eux. Erreur des commentateurs. 

    Maintenant je sais : les zadistes sont des originaux, un brin marginaux, mais ce sont des gentils. Ils expliquent qu'ils sont là pour rendre service, et c'est vrai. On a un problème local, une zone à protéger "en faisant des vagues et du bruit", ils arrivent.

     

    J'ai passé là-bas plusieurs heures, mais pas fait une seule photo. J'étais partagée entre plusieurs sensations : voyeuse, intruse au domicile d'inconnus, étrangère dans un autre monde, et peut-être aussi pas envie de montrer les visages des participants. On est si vite fiché ou assigné à résidence par les  temps qui courent... Il ne fait pas bon être écolo en période de COP21. Je vous ai mis les liens (en bleu ) sur ce que dit la presse depuis quelque temps au sujet de ce projet et des actions des opposants.

    J'en reviens à mes zadistes. Ils ont construit de petites cabanes-maisons en bois, chacune avec son style, des toilettes, une douche. Ils ont un début de potager, quelques volailles. Cela commence à ressembler à un village convivial. Les visiteurs sont les bienvenus. L'endroit est très propre. Rien ne traîne au sol. Les déchets sont bien triés et rangés dans des bacs. En plein milieu, il y a un grand et beau chapiteau rouge et blanc qui abrite leurs trésors. Chaque citoyen ne se comporte pas toujours aussi bien.

    Ils ont une quantité de tables et de chaises (vive la récup' ) et nous avons partagé nos plats, bien installés sur un champ abandonné, avec la chaîne des Pyrénées en toile de fond.

    L'un d'eux a attrapé sa guitare et nous a présenté quelques unes de ses propres chansons. Je peux vous dire que ses paroles mériteraient d'être entendues par beaucoup plus d'oreilles que celles de quelques militants.

    Photo tarbes-info.com, où l'on voit un moment émouvant entre population et zadistes.

     

    Les membres de l'ADRISE (l'association meneuse de cette opposition, regardez sur son site, il explique les subtilités du recyclage) viennent régulièrement voir leurs "occupants" et les aident matériellement.

    Si vous n'avez pas suivi mes liens, je vous explique pourquoi on s'oppose à cette usine :

    - terrain agricole près de la ville et d'une zone de captage d'eau potable. Il serait plus utile en culture biologique.

    - nuisances olfactives prévisibles

    - type d'usine interdit ailleurs : il n'y aura pas d'aide gouvernementale pour la financer. Lettre de Ségolène Royal dans ce sens. Il y a d'autres solutions possibles, mais les élus s'entêtent.

    - production d'un compost de mauvaise qualité (reconnu par Véolia en Angleterre)

    - grosse consommation d'eau potable

    Sur la route, une idée m'est venue : il va falloir organiser une ZAD autour du Tourmalet pour sauver nos paysages et nos écosystèmes. Ces fous de responsables de la station de ski ont des projets dont je vous parlerai dans un prochain article.

    Je vais aussi essayer de vous parler de futilités...

     

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  • Commentaires

    4
    Mardi 1er Décembre 2015 à 18:29
    josy15

    eh bien tu es active !

    3
    Hélène
    Mardi 1er Décembre 2015 à 11:26

    Chère fourmi,

    C'est une super idée que de remplacer la manifestation par une visite d'une ZAD !

    Comme tu le sais, nous passons par de nombreuses ZAD sur notre route, notamment à Notre-Dame-des-Landes, et en en discutant avec nos amis en dehors - même parmi les militants - les clichés sont forts et durs (j'ai été étonnés que des militants de l'Aternatiba Tour aient eu peur de la façon dont ils seraient accueillis à Notre-Dame-des-Landes), les amis nantais qui pensaient qu'il y avait essentiellement des anarcho punk barbares avec des chiens qui adoraient se foutre la gueule sur les CRS... Pourtant, pour nous, les zadistes sont des bisounours :-)

    Le meilleur moyen de se rendre compte de la réalité des lieux est d'y aller car l'un des principes des ZAD est aussi l'accueil et l'ouverture à tous ceux qui soutiennent la cause (sauf s'ils sont d'extrême droite, j'avoue... la récupération par cette classe politique est très mal vue).

    Comme il y a beaucoup de travail sur place (construction, réhabilitation, travail des champs), c'est toujours intéressant, soit de prévenir, soit d'avoir le temps pour découvrir les lieux petit à petit car les habitants n'auront pas toujours le temps de tout présenter rapidement.

    Après, c'est sûr que le mode de vie est éloigné de ce dont on a l'habitude. Les premières fois, j'avais toujours peur de déranger, de ne pas être à ma place, mais j'ai rapidement compris qu'au final, comme c'est un lieu occupé, autogéré, et donc qui nous appartient autant qu'aux occupants, on ne dérange pas, on est habitué à vivre auprès d'autres personnes, même si on ne les connait pas.

    Cela me rappelait les premières sensations de mon arrivée au Nicaragua, où on a l'impression de ne pas être à sa place, mais pour les personnes autour, ils ont l'habitude d'être entourés par de nombreuses personnes dont on ne dérange pas et on peut faire ce que l'on veut.

    Au final, les zad, en plus de se battre contre des projets inutiles ou néfastes, sont des lieux d'expérimentation d'autres manières de vivre, plus autonomes, avec le re-apprentissage de la vie en commun, le travail de la terre, la construction de ce dont on a besoin, avec beaucoup de récup' et de la débrouille.

    Et je crois que, en effet, le meilleur moyen de se rendre compte de tout cela, c'est de se rendre sur place !

    Les rassemblements réguliers qui se font sur les ZAD sont de bons moyens :-)

    Bon j'arrête là.

    Ca m'a fait très plaisir de lire ton article !

    Des bises de Benoit et moi

    2
    Mardi 1er Décembre 2015 à 09:20
    Couleur-Parenthèse

    Bien avec toi dans cette démarche! oui, je connais les zadistes!Aujourd'hui, il ya une mobilisation aussi dans notre église et voir comment s'engager plus! Enfin c'est dur de remuer les consciences et de changer radicalement nos façons de vivre!

    Conversion oblige! Je t'embrasse! A +! biggrin

    1
    Mardi 1er Décembre 2015 à 00:29

    Je decouvre. Merci et comme d'hab, tu sais "dire".

    C'est sur pour le funiculaire ?

    A bientot le plaisir de te lire ou t'entendre?

    Isa

     

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