• Bathyscaphe

     

    Décidément, j'adore ces exercices de Pascal PERRAT

     

    JE, TU, IL, ELLE et MOI, on en a marre de se taper tout le boulot, tandis que d'autres mots, bien planqués dans le dico, bossent une fois tous les trente-six du mois.
    Bathyscaphe, par exemple, ça fait combien de temps
    qu'il est plongé dans un profond sommeil ?
    Et bathypélagique et bathysphère qui l'encadrent dans tous les dictionnaires ?

    Ceux-là, ils ne sont pas trop fatigués par un usage intensif ! On ne les sort que dans des jeux comme celui des "1000 euros", juste pour demander leur orthographe aux candidats. On veut les garder intacts pour continuer à enquiquiner les générations futures et conserver les particularités de notre belle langue.

    On les retrouve dans des "ouvrages de référence" lus uniquement par des spécialistes, des maniaques du détail.

    Il paraît qu'une personne érudite utiliserait aux environs de trente mille mots,  un locuteur moyen trois mille, et un jeune sans culture à peine trois cents ! Alors, JE, TU, IL, ELLE et MOI, NOUS allons fouiller dans les vieux livres pour retrouver et remettre en service quantité de mots perdus aux oubliettes. Fini le long sommeil dans les pages jaunies !

    C'est comme les conjugaisons. Qui donc dit encore : il eut fallu, que nous dussions, que vous missiez et autres formes verbales connues seulement de quelques lettrés pointilleux ?  Quel dommage qu'elles ne se trouvent que dans les manuels de grammaire !

    NOUS allons commencer par réhabiliter le passé simple. J'allai, nous tînmes, vous aimâmes, vous sentîtes, ne trouvez-vous point cela agréable ? 

    C'est comme en cuisine : vous aimez la nouveauté sans renier le passé, vous utilisez des ingrédients de base et vous agrémentez de toutes sortes de saveurs. Vous comprenez ce que nous voulons dire ?

     Nous sommes quelques mots passe-partout, mais nous avons besoin de la compagnie de tous les autres. Allez, vous tous, faites un effort quand vous écrivez. Variez votre vocabulaire et vos tournures de phrases. Ne nous laissez pas nous crever à la tâche. Plus nous serons de fous, plus nous rirons.


  • Commentaires

    5
    Mercredi 15 Avril 2015 à 04:55

    Très agréable lecture.

    Mais je serais bien incapable d'écrire, je manque d'imagination et de spontanéité...

    Belle journée.

    4
    Vendredi 10 Avril 2015 à 23:21

    Et encore si il n'y avait que le problème de ceux qui sommeillent et qui prennent toute la place. Mais il y a aussi ceux qui vivent en bande, dans les pages roses. Non mais pour qui ils se prennent ceux-là. Des vaniteux. Et comme ils s’imposent. Des donneurs de morale.

    Pense un peu. Tu traverses les pages roses, juste histoire d'aller saluer Voltaire ou Hugo, Tchekhov ou Tchaïkovski, Shaw voir Moulin et tu te retrouves pris entre deux bandes. La bande à "A bon chat, bon rat" , celle "l'air ne fait pas la chanson". Que veux tu faire entre ces donneurs de leçons. tu restes sur la tranche, tu avances dans la marge, tu sautes d'une page rose à une autre et tu rêves de passer inaperçu; mais impossible. Voilà l'équipe "Nécessité fait loi" suivie de " mauvaise herbe croit toujours". Tu te sens pris au piège. Avancer est de plus en plus impossible. Les bandes veulent te convertir.

    J'étais juste un mot, un simple petit mot de la page 949 , et un jour j'ai éprouvé un désir. C'est rare pour un mot d'avoir un désir. J'ai demandé à mes voisins si déjà ils avaient ressenti ça. Non. Tous m'ont dit non. Alors je me suis senti quelqu'un, je me suis senti différent. Et j'ai tenté la grande aventure : assouvir mon désir. Mon désir ! Pourquoi l'avais-je ? J'y pense encore ! Ne riez pas, je voulais voir Tintin, celui de Milou, c'est comme ça, je voulais voir Tintin. Alors j'ai quitté ma page 949, je suis descendu vers le fond du dico, là où Tintin et les grands personnages vivent.

    Voilà comment je suis arrivé à la frontière des pages roses. Je me croyais assez petit pour  réussir à les traverser sans me faire remarquer. Je me croyais assez grand pour réussir à ne pas être aspiré dans une bande. J'étais juste SOT.

    Je n'ai jamais rencontré Tintin, je me suis fait des amis et jamais je ne suis retournée sur la page 949  , je suis maintenant de l'équipe " Il n'est point de sot métier".

    Parfois je me demande comment vont mes ex voisins :  Sostenuto et Sotch. 2 grands endormis ces 2 là. Il est sûr que ce n'est pas près d'eux que j'aurai vu la vie en rose.

    L'amitié me l'a permis.

    On est juste 6 dans notre équipe "Il n'est de sot métier" mais c'est la meilleur des équipes !

     

    Signé :

    Un petit vaniteux heureux.

    3
    Jeudi 9 Avril 2015 à 22:09

    super que tu y prennes goût! moi pas le temps d'écrire en ce moment!...

    2
    Jeudi 9 Avril 2015 à 20:00
    CathyRose

    Mais tu es très inspirée on dirait !!! C'est vrai qu'il existe plein de mots qu'on utilise pas, ou plus, certains temps aussi, le passé-simple comme tu le dis, mais le futur aussi, on ne dit plus "j'irai me promener" mais "je vais aller me promener" ! Mais hélas j'ai m'impression qu'à l'école le français passe au second plan ...
    Très belle soirée, bisous !
    Cathy

    1
    Jeudi 9 Avril 2015 à 12:02

    Très amusant ! ce début t'a inspirée, bravo...

    Bises, belle journée.

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