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    Si je vous ai déjà  montré des pierres et des fleurs jaunes, il faut que je vous dise que j'ai été épatée par toute la flore qui se trouve là-bas. Je croyais cette région plutôt désertique. Je me trompais. Il est vrai que c'est très sec en été, cela n'empêche pas que la nature est riche de merveilles, surtout pour moi qui suis amoureuse des plantes sauvages.

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Cette plante-là nous a donné du fil à retordre pour l'identifier. À San Úrbez, il y avait un livre sur les plantes, j'avais cru la reconnaître, mais je fus interrompue dans ma lecture, et j'ai oublié. Elle avait pourtant un air de famille avec quelqu'une que je connaissais.

    Mon gros plan est raté, il faut ne faut pas regarder la fleur centrale trop trouble. Cela doit être la santoline petit cyprès (helichrysum), de la famille de l'immortelle de dune que l'on voit sur la côte océane en Gironde.

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Une autre fleur jaune, de la famille du salsifis dont elle a l'allure et la boule de plumets quand elle sèche.

     

    Aragon (suite et fin)

     

     

    Et maintenant, une série de trois sortes de fleurettes bleues en haut de longues tiges. En premier les catananches. J'en ai un gros pied dans mon jardin, et il résiste bien, ce qui est surprenant, car cette plante préfère les terrains secs.

     C'était la première fois que j'en voyais dans la nature :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Cette photo ne montrant pas vraiment la fleur, je rajoute une vue de mon jardin (en août d'une autre année) où on voit bien une fleur et les capsules qui sèchent et durent tout l'hiver :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Puis mon regard s'est attardé sur une prairie toute tachetée de fleurs de lin. On ne voit pas bien, mais les fleurs sont bleues. Ce n'est pas bleu comme un champ de lin en Normandie, mais c'est dans la nature :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Pour ceux qui n'auraient jamais vu de lin, voilà quelques échantillons de mon jardin :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Pour finir la série, voilà une touffe d'aphyllantes  (A. de Montpellier). J'en avais ramené des Corbières, mais mon pied végétait, et un hiver lui fut fatal : probablement trop d'humidité. Elles étaient presque toutes fanées, mais je vous montre la plante : que des tiges, car le nom signifie "sans feuilles" (a-privatif grec + feuilles)

     

    Aragon (suite et fin)

     

     

     

    Et maintenant la colle du jour. Qui connaît ça ? Pas moi, je n'ai pas trouvé. C'est très bas, sans couleur, mais pas vraiment blanc, les tiges ressemblent un peu au lin, mais en nain. Depuis que j'ai découvert, il y a 40 ans que le moindre brin d'herbe avait un nom, je déteste ne pas savoir nommer une plante.

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Sur les fleurs, il y avait une foule d'insectes très variés :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    La forêt cache d'énormes chênes probablement pluricentenaires :

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Aragon (suite et fin)

     

    Chaque jardin de chaque village, aussi petit soit-il, abrite ces magnifiques lis. Problème linguistique : une dame du village, à qui je disais que je les admirais, m'a dit que ce n'étaient pas des lis, mais des "azucenas" et mon dico me dit que les azucenas sont des lis blancs. Et les autres lis s'appelleraient des "lirios".  Qu'en dites-vous ? Lis ou pas lis ? (lis étant le mot actuel, et lys l'ancien)

     

    Aragon (suite et fin)

     

     

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    J'ai trouvé sur le net un très bel article sur la Sierra de Guara. J'étais un peu plus à l'Ouest que la région décrite, mais les explications données sont valables pour l'ensemble.

     J'y ai appris que ce qui recouvre les cheminées est un "chasse-sorcières" (espantabrujas).

     

    Sans connaître ce détail avant mon voyage, j'ai tout de même eu le regard attiré par ces si belles cheminées. La preuve :

     

    Encore un peu d'Aragon

     

    J'ai été frappée par le nombre de maisons en ruines.

     

    Encore un peu d'Aragon

     

    Beaucoup de ruines, certes, mais aussi beaucoup de reconstructions en cours.

     

    Encore un peu d'Aragon

     

    Ces tas de pierres bien triées prouvent l'envie de sauvegarder le patrimoine local, ainsi que le portail ci-dessous, qui cache un autre chantier.

     

    Encore un peu d'Aragon

     

    Il n'y a pas de maisons neuves comme chez nous, ni briques, ni parpaings, ni enduits modernes. On reconstruit comme avant.

     

    Il n'y a pas que les pierres dans la Sierra de Guara. Il y a aussi l'eau. Au printemps, elle est omniprésente. Si la Sierra de Guara est célèbre pour ses ríos à canyoning, elle permet aussi la baignade dans des piscines naturelles. Je me croyais transportée dans des pubs de gels douche tellement c'était beau :

    Encore un peu d'Aragon

     

    Encore un peu d'Aragon

     

    Encore un peu d'Aragon

     

    Encore un peu d'Aragon

     

    Le joli pont de Nocito sur le río Guatizalema. Il y a dans les environs un río  Formiga (qui signifie fourmi), j'ai une rivière à moi en Espagne !!!

     

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    Vous savez que, dans la presse, un sujet qui revient régulièrement est un marronnier. je ne vais pas vous parler de kilos à perdre avant la plage, ni de la rentrée des classes.

    Non, je vous rappelle seulement que c'est le moment de faire les fuseaux de lavande et le vinaigre des quatre voleurs.

     

    C'est aussi le moment de vous organiser un petit voyage près de chez moi (voire carrément chez moi) pour le festival de Gavarnie. C'est toujours une soirée magique, et cette année le sujet est Orphée et Euridice.

    Il faut marcher un peu vers le cirque, et on se trouve dans une immense "salle de spectacle" à  l'air libre. Il suffit d'être bien chaussé, et de ne pas oublier de se munir de sa petite laine.

     

    Mes marronniers

     

     

    Ces derniers temps, le ciel n'est pas vraiment sympa avec nous, les sentiers étant un peu risqués à cause des orages, je me suis souvenue qu'il y a d'autres sorties à faire dans les environs de chez moi.

     

    Je n'en ai encore jamais parlé, mais j'aime beaucoup le Parc animalier des Pyrénées. Cela s'appelait autrefois la "Colline aux marmottes". Comme son nom l'indiquait, on y voit les marmottes de près, et les enfants adorent aller dans leur enclos et leur donner à manger. Ce parc ne cesse de s'agrandir, toujours plus haut sur la colline (aïe mes genoux !), et la variété d'animaux est impressionnante. Les enclos, ou les cages, sont immenses, et on a l'impression de voir les animaux en liberté.

     

    Mes marronniers

     Les ours, animaux emblématiques de nos montagnes

     

     

    Mes marronniers

    Pandas roux

     

    Mes marronniers

    Le lynx, perché dans son arbre.

     

    Nous y sommes allés hier et nos Pitchounettes étaient ravies de leur balade. Je regrette de n'avoir aucune photo des isards, mouflons, et autres animaux de ce genre (des montagnes du monde) qui sont présents en grand nombre dans le parc.

     

     

    Avant-hier, nous sommes allés visiter les grottes de Bétharram, près de Lourdes. Depuis le temps que nous habitons pas loin, je n'y étais jamais entrée. Je n'ai pas été déçue, c'est grandiose. Et amusant aussi, car, à partir du parking, nous avons utilisé bus (court trajet), bateau (qui ne fait pas peur, car hyper-stable), train (plutôt rigolo) et marche à pied (assez long).

     

    Mes marronniers 

     

     

    À faire un jour de pluie ou de canicule, car il y fait 13/14°.

     

     

     

    Mes marronniers

     

    Et pour finir, un marronnier dont je me passerais bien : le Tour de France. Cette année, il descend par ma route le 27, ça ira vite, mais la circulation sera bloquée une grande partie de la journée.

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    Le groupe de rando de l'Ours a organisé un petit séjour en Espagne, dans la Sierra de Guara. Rando évidemment, pour les autres, mais aussi tourisme, et beaucoup de temps libre pour moi.

    J'étais déjà passée pas loin de l'endroit où nous étions, mais pas au fond de cette vallée perdue.

    Les lieux avaient été abandonnés par leurs habitants (guerre, crise...) et les maisons étaient en partie écroulées. Il y a quelques dizaines d'années, des français sont arrivés, sont tombés amoureux du coin, ont acheté des terrains et ont bâti, ou reconstruit des habitations. Calme, isolement, végétation et ríos où l'on peut se baigner et faire du canyoning font le charme de la région.

    Si vous saviez comme c'est compliqué de vous montrer où j'étais ! La sierra de Guara tombe pile entre quatre pages de mon guide des routes (espagnol) récent.

    Je me suis rabattue sur une vieille carte Michelin de l'Espagne entière, qui valait 3,95 francs. C'est vous dire sa jeunesse. En ce temps-là, la région était desservie par des chemins de terre, et aucun village ne méritait d'être signalé. Nous étions au milieu de la zone vide, à gauche du nombre 18. Les randonneurs ont grimpé le Tozal, qui est juste signalé par un triangle et son altitude : 2076m.

    Vous voyez également, en haut de la carte, les cols du Somport et du Pourtalet qui nous ont causé du souci il y a peu de temps.

     

    Montagnes d'Aragon

     

    Ci-dessous, 1/4 de ma carte. Nous étions à NOCITO, en bas à droite, près du D. Le Tozal est rebaptisé Guara, et mesure 2078m.

    Les routes sont minuscules, bien que goudronnées récemment, et on a du mal à s'y croiser.

    Montagnes d'Aragon

    Carte "el guión"

     

    Un couple (Tonio et Gene) a restauré un bâtiment près du monasterio San Úrbez et en a fait le super-agréable "Refugio San Úrbez" (dont je vous ai parlé dans mon dernier billet) à mi-chemin entre le refuge de montagne et l'hôtel tout confort.

     

    Montagnes d'Aragon

      Au centre, l'ermitage et à gauche le refuge

     

    Montagnes d'AragonMontagnes d'Aragon

     

     

     

     

     Deux vues du refuge

     

     Tout autour, que de la nature : ni villages, ni routes pour distraire le regard. Et surtout un gros bloc de pierre, le Tozal de Guara où le groupe devait monter :

     

    Montagnes d'Aragon

    Le Tozal vu du gite au coucher du soleil. Il n'y a pas de neige, c'est la pierre qui donne cet effet.

     

    Là-bas, tout est un peu rosé, couleur de la pierre très très présente, même si la végétation est abondante et variée.

     

    Montagnes d'Aragon

     

    Montagnes d'Aragon

     On dirait d'immenses rivières de pierre qui traversent la forêt, comme des coulées de lave.

     

    Les maisons ont toutes cette couleur :

     

    Montagnes d'Aragon

    Un grand bâtiment de Nocito qui vient d'être rénové

     

     

    Montagnes d'Aragon

    Un autre bâtiment du village

     

     

     

    Montagnes d'Aragon

    Le clocher de l'ermitage

     

     

     

    Montagnes d'Aragon

    Un détail du refugio : c'est une seule pierre taillée qui sert de fenêtre. Le bleu, c'est le reflet du ciel sur la vitre.

     

     

    Montagnes d'Aragon

    Une fontaine dans le village de Bara (je n'ai vu aucun habitant dans ce village).

     

     

    Montagnes d'Aragon

    La montagne vue de Bara : on voit bien les strates. Les pierres sont presque taillées naturellement.

     

     

    Montagnes d'Aragon

    Même les toits traditionnels sont en pierre. C'est ainsi que Tonio les fait quand il retape une maison.

    À peine 70 km de chez moi, bien que nous  soyons dans les contreforts des Pyrénées, le dépaysement est total, et tout me donne envie d'y revenir.

     

     

     

     

     

     

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    Je n'aime pas les fleurs jaunes, mais parfois elles font tout pour que je m'intéresse à elles.

    Vous voyez ce jaune à perte de vue ?

     

     

    Claire nous a mis en garde contre une plante à fuir. Si on a le malheur de se frotter à elle, ça pique et ça s'infecte. Elle nous a dit qu'on l'appelait coussin de Vénus, je n'ai trouvé ce nom nulle part, ni sur le net, ni dans mes livres.

     

     

     

    Il se trouve que c'était la pleine floraison. En regardant bien, on dirait de petits ajoncs très compacts.

    Après recherches, je suis certaine qu'il s'agit de echinospartum horridum = genista horrida, genêt hérissé en français, "plante hérisson" en espagnol.

     

     

    Il y a juste une fleur terminale par tige, mais grosses et toutes fleuries en même temps.

     

    J'ai trouvé certains de mes renseignements sur un blog espagnol que je trouve passionnant foto natura Huesca (regardez cet homme et les vautours).

     

     

    J'ai également été intriguée par de très grandes ombelles jaunes.

     

     Je pense que c'est opoponax chironium. J'ai vu parfois écrit opopanax. S'agit-il de la même, aurait-elle des vertus comme la plupart des membres de la famille des apiacées ? (fenouil, berce, cumin, angélique, carotte, etc...) qu'on appelait ombellifères autrefois.

     J'ai trouvé leur nom sur tela botanica.

     

    Ce n'est pas du fenouil, ça ne sent pas très bon, mais c'est original et ça se voit de loin.

     

     

     

     

     

     

     

    Où ai-je vu ces curiosités jaunes ? Dans la montagne aux environs du refuge San Úrbez (cliquez sur le lien, et laissez défiler les photos de la région), à côté du monastère du même nom à Nocito, un petit village perdu de l'Aragon où nous avons passé trois jours de rêve.

    Vous imaginez trois jours là-haut, en pleine montagne, loin de tout, sans téléphone portable, sans TV, sans Internet ?

    Nous avons tous fait plein de photos, il y a du boulot pour trier tout ça et faire une sélection.

    Le reste du groupe a randonné, je me suis contentée du calme et de la flore. Mais je n'ai pas que des plantes à vous montrer...

     

     

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